Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Rentrer chez Air France: tout un art (à la française bien sûr!)

Publié le par Olivia Beltrani

A quelques jours de souffler mes 7 bougies chez Air France (je m'inquiète un peu, 7 ans, c'est comme pour le couple?! Est ce que je dois me préparer au piiiiiire?!), j'ai envie de vous faire découvrir la journée de sélection PNC chez Air France. Accrochez vos ceintures et préparez vous au décollage c'est tout un programme!

Il faut savoir que les sélections PNC en général sont très complètes, il s'agit de journées entières (voir 2!) où au fur et à mesure vous voyez vos collègues s'asseoir sur des sièges éjectables et vous, bah vous priez Saint Michel (le saint patron de navigant tout de même!) pour ne pas faire partie de la liste des sortants mais bien des entrants! Tout ça pour, il faut bien le dire, le plus souvent des petits contrats renouvelables... Rentrer chez Air France est donc le summum, le best of du best of, la cerise sur la chantilly du gâteau, top of the pop quoi!! Un CDI, une grande compagnie, des avantages, un bon salaire, la gloire... je vous en passe mais le but est là: tu es PNC, tu veux rentrer chez AF. POINT. What else?

Toutes ces sélections m'auront dont préparé à la plus stressante du toutes les sélections. Surtout que pour être tout à fait honnête je m'y suis reprise à 2 fois!! J'ai eu la chance de réussir toutes les sélections des compagnies ici en France (j'ai failli tenter Emirates et finalement me suis ravisée!), mais j'ai échoué une première fois chez Air France, lors de mon entretien final.. la raison? Je cite (je rêve encore de cette phrase la nuit): "vous n'avez pas suffisament étayé votre motivation pour rentrer chez Air France". Franchement, je cherche encore le sens du pourquoi du comment de cette phrase aujourd'hui. Et comme en prime il vous faut attendre 1 an pour prétendre repasser les sélections, je peux vous dire que je l'ai tournée dans tous les sens et j'ai tout imaginé: me tatouer ma motivation sur le front, faire la pom pom girl, coucher? Bon peut être pas jusque là, un tatouage suffit.

Voilà donc comment je suis arrivée lors de cette deuxième journée de sélection: M.O.T.I.V.E.E

L'enjeu est tellement important à ce moment là, que j'ai même pris une chambre d'hôtel pour dormir sur place (la sélection à lieu à Villepinte), alors que j'habitais juste Paris 15° pour être sûre d'être là à 7h45 tapantes, habillée de mon plus beau tailleur, maquillée et coiffée à la perfection. Je trouve que déjà rien que ça, ça prouve une méga motivation non?!

L'ambiance est aussi tendue qu'un string. Pour ma part, j'ai retrouvé des amis et collègues ce jour là, priant bien sûr que je ne me tape pas la honte intégrale en ratant une épreuve devant eux.. ils ont du certainement se dire la même chose!

On vous fait attendre dans une salle qui ressemble à une vrai salle d'embarquement!

Rentrer chez Air France: tout un art (à la française bien sûr!)

Et vous voilà partie pour, vous l'espérez, une trèèèès longue journée!

Première épreuve: l'anglais. Toutes les épreuves sont éliminatoires, mais échouer à celle-ci, c'est un peu comme partir après le premier conseil de Koh-Lanta, clairement tout le monde vous regarde comme un pestiféré. Qui a envie de vivre ça?!

Le test est tout à l'oral, mais il ne s'agit pas que de compréhension mais de logique, synonyme, grammaire... et en prime on vous sert l'anglais à toutes les sauces: irlandaise, australienne, ricaine et même franchouillarde! Bizarrement ce qui vous ferait rire en temps normal vous mets dans un état de panique ce matin là: "mais bordel il veut quoi celui là?! la direction du terminal ou des toilettes??? mais parle normalement espèce d'abruti!!!" Oui, à ce moment là le PNC n'est plus classe, c'est une bête sauvage à l'affût du moindre mot qui pourrait lui permettre de répondre correctement et de ne pas se planter. Le PNC est un humain comme les autres j'arrête pas de vous le dire.

De retour dans votre salle d'attente/embarquement/torture, vous attendez les premiers résultats... et là d'un coup vous entendez ça:

Et oui le vice est poussé jusqu'au bout!! Toute la journée le petit jingle d'ADP résonnera à vos oreilles comme le glas ou la consécration de votre réussite! Encore aujourd'hui, mon cerveau assimile directement ce son à cette salle! Never forget.

Cette douce musique vous annonce donc que les résultats sont proclamés, vous voilà en train de vous lever et de courir devant les écrans en espérant NE PAS voir votre nom. Car uniquement pour cette épreuve, on vous mets la honte jusqu'au bout juste en mettant les noms des non reçus... et là tu vois quelqu'un essayer de partir en crabe pour ne pas être repéré. Trop tard Gérard, on t'a tous vu.

Nous voilà donc partis pour l'épreuve n°2: les tests psychotechniques. Comme ça fait 2 mois que vous potassez vos bouquins et que vous essayez de comprendre pourquoi le triangle B n'est pas de la même famille que les triangles A,C et D, vous avez bon espoir que votre cerveau fasse enfin le lien et comprenne miraculeusement tous ces dessins qui diront de vous si vous êtes logiques et trop trop intelligent! Le but n'est pas de tous les faire en 20mn (d'ailleurs ce serait impossible), mais de les faire BIEN! Alors vous voilà appliquée (surtout pour une littéraire comme moi) et consciencieuse.... bon l'avantage c'est que si tu te rates cette fois ton nom ne sera pas affiché en grandes lettres face à la foule.

Nouveau petit jingle... yes c'est bon!!! Nouveau petit écrémage, mais la pire épreuve reste à venir: l'entretien de groupe. Avant d'aller vous entretuer respectueusement entre collègues, une petite "pause" s'impose, non éliminatoire, les tests de personnalités. Ils seront utilisés uniquement si vous réussisez l'entretien de groupe et que vous vous retrouvez face au recruteur pour l'entretien individuel. Oui, bah ce n'est peut être pas éliminatoire, mais la pression est toujours là: et si je suis une psychopathe psychorigide psychoparanoïaque??? Ma foi, je pense que de toute façon ce qui est fait est fait, à 26 ans on ne peut plus grand chose pour vous. Il faut à tout prix éviter les "je ne sais pas" donc même si les deux extrêmes ne vous conviennent pas à 100%, soyez sûr de vous et décidez!

Revenons donc à l'entretien de groupe... là où vous vous devez de sortir diplomatiquement votre épingle du jeu, sans trop bitcher, tout en vous intégrant à la perfection au groupe, solidarité pnc oblige. Un savant mélange qui est une vraie épreuve casse gueule pour les 3/4 des gens présents. En général les personnalités ressortent d'un coup et avec 3 personnes qui vous observent pendant toute la durée de l'épreuve rien ne leur échappe. Il ne faut pas être négatif, pas individualiste, ne pas prendre la parole au nom du groupe mais il faut tout de même se faire repérer et montrer qui vous êtes et de quoi vous êtes capables. Montrer que vous êtes respectueux, que vous savez vous adapter, que vous travaillez en groupe tout en sachant utiliser vos propres compétences.... je défie quiconque de tenter une telle épreuve, bien plus difficile qu'il n'y parait!!

Vous êtes donc en général un groupe qui organise un voyage (pour moi c'était l'Islande) et chacun a une tâche précise à accomplir tout en respectant certaines contraintes et en faisant au mieux pour le groupe. Au fur et à mesure de l'épreuve il y a des tonnes de complications qui vous tombent dessus: comment gérer? Comment détourner? Je peux vous dire que j'ai vu de tout durant cette épreuve... rester zen, c'est le maître mot! Souriez, vous êtes observés! Même si vous avez envie de faire bouffer son crayon à votre collègue qui a décidé de se reconvertir en G.O et de se la jouer solo, tant pis pour lui :p

Une fois vidé par cette avant dernière épreuve, l'attente est longue, très longue.... le voilà le jingle. Cette fois la foule se précipite moins, ça flippe à mort!!!! Et il y a de quoi: sur les 20 personnes restantes, il y a quoi? 7 personnes retenues peut être. Dont vous. Et là, votre dernier entretien vous revient en tête comme un boomerang et cette foutue motivation pas assez étayée revient vous hanter!! Mais qu'est ce que je vais dire cette fois pour qu'on me prenne?????

L'attente est ici interminable... pour ma part je ne passerais pas avant 3 longues heures... on essaie de discuter et rigoler avec les restants, ma chance est que j'étais avec une amie ce jour là! Mais je suis tout de même restée toute seule à la fin dans cette salle, vraiment impressionnant! Et encore, je ne devais passer mon entretien que 2j plus tard, sauf que j'ai bondi sur l'occasion: une folle a demandé à reporter son rdv car elle disait avoir mal à la tête... ni une, ni deux j'ai proposé d'échanger ma place avec la sienne (suicidaire la nana!!): je vous l'ai dit, suis M.O.T.I.V.E.E

On y est: l'entretien final. Je retombe sur la même recrutrice que l'année passée, une killeuse. J'avais terminé mon entretien sur les rotules l'année d'avant, du coup j'ai peur mais en même temps j'ai 1 an d'airlinair à mon actif, je me sens donc bien plus confiante et sûre de moi et de mes compétences. L'entretien dure facilement 1h... tout se joue maintenant.

Votre avenir est entre vos mains, on ne vient pas ici les mains dans les poches, cet entretien vous le préparez dans les moindres détails, vous avez des mots et des phrases clés dans votre tête que vous savez que vous devez réussir à placer, mais vous devez aussi vous montrer telle que vous êtes, pourquoi c'est VOUS et non pas un autre PNC qui mérite votre place. Et cette place je tuerais presque père et mère pour l'avoir, je vous l'ai dit j'ai les crocs! Je sais que j'ai une chance de réussir et cette chance je veux, je dois la saisir! Je suis votre PNC ;)

J'ai passé quelques entretiens dans ma carrière, certains plus faciles ou cool que d'autres, encore aujourd'hui celui ci a été le plus difficile de toute ma vie professionnelle. On n'est pas là pour rigoler, mais pour mettre des gens dans des avions, voyez? Faut pas se louper. On passe à la loupe votre CV, votre parcours, on essaie de vous déstabiliser, on parle du métier de PNC, de mises en situation totalement improbables, et vous ne flanchez pas, question après question vous êtes présent et répondez du tac au tac. Ensuite on passe à la phase plus "psychologique", on s'appuie de votre fameux test de personnalité et là encore on vous pousse à bout, on essaie de vous déstabiliser, de vous faire douter de vous même et de vos capacités. Et vous y allez, vous donnez tout!! Et la question fatidique: pourquoi Air France et pourquoi vous? Et là.... bah je peux vous dire qu'elle s'est prise ma motivation en pleine face ce jour là!!!!! :)

Et puis un soir vous rentrez du boulot, 2j se sont écoulés depuis cette journée de ouf, vous allumez votre pc, ouvrez votre boîte mail... le mail est là. Le coeur bats à 1000, je clique ou pas?? Et là réponse noir sur blanc: "vous avez passé avec succès les sélections PNC".

Le plus beau mail de ma vie. J'en ai pleuré de joie, au téléphone avec ma meilleure amie ce jour là! C'était un 26 novembre de l'année 2007.... il me tardait maintenant d'être appelée pour mon stage d'intégration!!! Ce que je ne savais pas c'est que le lendemain, le 27 novembre 2007, allait changer le cours de ma vie tant personnelle que professionnelle... c'est le jour de mon accident du travail.

Mais en attendant, ce jour là était le premier jour du reste de ma vie.

Rentrer chez Air France: tout un art (à la française bien sûr!)

Partager cet article

Repost0

Hublot, mon bel hublot, qui est la plus belle des hôtesses de l'air?

Publié le par Olivia Beltrani

Hublot, mon bel hublot, qui est la plus belle des hôtesses de l'air?

Moi, évidemment!!!

Bon ok... c'est un peu de la triche, puisque je ne suis plus qu'une ex hôtesse de l'air... je vous laisse donc vous disputer la première place du podium, et en attendant aujourd'hui j'avais envie de vous parler un peu de ce qui fait le charme des navigants: l'uniforme.

Depuis plus de 60 ans l'uniforme suit de près les modes, du bibi aux bottes à la "chapeau melon et bottes de cuir", des couleurs sobres à la mode hippy sans oublier bien sûr les années 80 et... ses ratés. Mon Dieu que je suis heureuse d'avoir été une hôtesse des années 2000!!!

Parce que franchement je ne suis pas certaine que vous auriez autant fantasmé sur ça:

Hublot, mon bel hublot, qui est la plus belle des hôtesses de l'air?

Lorsque j'étais chez Airlinair, je rêvais du jour où je me glisserais dans mon bel uniforme Christian Lacroix... surtout avec mes perroquets autour du cou (cf mon précédent article sur Airlinair) et mon manteau taille XXL.

Sincèrement, le plus beau jour après celui où on vous annonce que vous êtes prise chez Air France et après celui du fameux coup de fil du service Carrières pour vous donner votre date d'entrée et d'intégration, est celui où vous passez essayer vos futurs uniformes: la fille qui est en moi exulte à l'idée de passer 2h chez le couturier pour tout essayer, on a l'impression d'être Pretty Woman, sauf qu'à la place de Richard Gere c'est Jean-Cyril (Spinetta de son petit nom) qui paie l'addition! Et l'hôtesse se dit: "enfin je vais ressembler à quelque chose dans l'avion!!".

L'uniforme est un outil primordial dans le métier de navigants: oui, oui, un outil!! Il vous sert à donner naturellement de l'autorité, vous êtes reconnus d'entre tous (au même titre que les policiers, gendarmes, pompiers, prêtres... bah eh, les prêtres vous les reconnaissez direct nan?!), et je pense qu'on y mets un petite poudre magique dans la doublure, parce qu'il vous donne une assurance et une prestance que vous n'avez pas spécialement en jean baskets. Porter un uniforme c'est enfiler votre rôle de navigant, un peu comme un acteur qui se transforme pour jouer son rôle.

Il vous protège aussi: quand les passagers vous font tourner bourrique ou qu'ils vous traitent gentiment de pleins de noms d'oiseau, vous vous rappelez que c'est à l'uniforme qu'ils s'en prennent et non pas à vous! C'est une sorte de carapace sur laquelle tout peut glisser (ou presque, après le prochain qui me traite de s***** il s'en prend une, et en mon nom à moi!!).

L'uniforme rend beau, d'un coup vous vous tenez droite, la tête haute et vous vous sentez belle et classe (encore une fois, c'est plus compliqué avec d'autres uniformes mais bon le concept de base est le même :p ). Encore plus quand il est estampillé "Christian Lacroix". Et sinon, y a moyen d'échanger les mocassins un peu laids (bah oui, ma théorie est qu'on nous a mis des chaussures moches pour pas que les navigants des autres compagnies soient trop aveuglés par notre classe à la française innée, ça permets de rester au même niveau que tous les autres!!!) avec de beaux escarpins Louboutin? Après tout doit bien y avoir moyen de faire un partenariat... faudra que je soumette ma théorie et ma super idée aux grands pontes de la boîte.

Vous l'aurez compris l'uniforme est incontournable: sans lui, pas de navigants!!! Je me souviens d'une fois où j'ai du faire un embarquement en jean-tshirt-converse (je partais en "mise en place" sur Montpellier, c'est à dire que je partais travailler là bas, donc j'avais pris l'avion en "civil" avec l'idée de me changer sur place avant de travailler le soir... sauf que ma valise était introuvable... ah, les erreurs de débutante!!). Non seulement j'étais hyper mal à l'aise, mais les passagers super méfiants!!!! Bon, j'avais fait un chignon pour essayer de leur montrer que oui oui, j'étais bien leur hôtesse sur le vol, m'enfin j'ai bien compris que le chignon ne fait pas tout ce jour là!!! Heureusement à 5mn du départ ma valise fut retrouvée, et j'ai pu me changer dans la soute arrière de l'ATR pour le plus grand bonheur de tous (même que j'étais contente de retrouver mon foulard à volatiles).

L'uniforme est tellement important, que pendant notre stage d'intégration (dont je vous parlerai aussi un jour) et surtout pendant le stage commercial, tous les matins nous sommes mis en rang d'oignon et inspectés de la tête aux pieds, petit tour autour de soi compris! Nous avons le droit aux critiques bien assassines, et parfois à quelques compliments... le stress!! On doit apprendre à composer chaque pièce ensemble correctement et à le porter le plus harmonieusement possible! Pendant cette semaine les équipes de maquillage de Clarins viennent également nous apprendre à nous maquiller pour travailler dans un avion! Et nous avons même un classeur avec photos à l'appui pour nous aider à nous relooker au mieux (si, si jvous jure!!); ce classeur nous explique aussi quels vernis porter, quels bijoux sont autorisés, quelle coupe de cheveux ou de barbe acceptés bref.. vous êtes modelés à l'image d'Air France et de la compagnie parce que vous devenez "l'image de la France à l'étranger". Sacré pression non?!

Ne parlons pas non plus du chignon... il m'aura poursuivi jusqu'à mes derniers jours d'hôtesse!!!! En effet j'ai porté le chignon pendant mes premières années de vol, jusqu'au jour où j'en ai eu marre de tirer à mort sur mes boucles, de devoir mettre mon boudin à 4h du mat et d'avoir presque mal au crâne après une journée avec 15 pinces qui vous rentrent dans le cerveau! J'ai donc tout coupé mais pour rester "règlementaire" j'ai gardé les cheveux au dessus des épaules pour ne pas avoir à refaire un chignon ou piiiiiire un "catogan" tous les jours! Et là les ennuis ont commencé... autant j'avais au moins un compliment par jour par une collègue fan de bouclettes, autant mes supérieurs hiérarchiques m'en auront fait voir de toutes les couleurs! Les boucles chez AF, c'est le mallllll!!! Ce n'est pas "propre", pas "carré" pas, pas, pas...ahhhhh!! J'avais une coupe parfaite, j'étais tirée à 4 épingles mais non la bouclette ça passe pas. Par contre la mèche de la collègue qui lui tombe sur les yeux ça oui ça passe... vous savez pourquoi?! Parce que c'est raide! J'ai eu des rapports élogieux, sur mon travail professionnel etc etc.. et toujours la petite remarque "attention à porter à la coupe de cheveux". J'ai même eu une chef qui m'a demandé d'aller me faire un brushing! Et bien vous savez quoi?! J'ai toujours refusé!! Mon côté rebelle sans doute...

Bref vous l'aurez compris, l'uniforme n'est pas là uniquement pour vous faire fantasmer chers messieurs (et mesdames!), parce que je suis sûre que si vous saviez que la plupart portent un damard sous la veste ou que les collants de contention sont bien serrés sur les cuisseaux, de suite ça change :p

Moi j'ai adoré porter l'uniforme, voilà quelque chose qui me manque de ce métier, parce que je me sentais une wonder woman en puissance... va falloir trouver autre chose maintenant! :)

Hublot, mon bel hublot, qui est la plus belle des hôtesses de l'air?

Partager cet article

Repost0

Ce premier juin 2009...

Publié le par Olivia Beltrani

Ce premier juin 2009...

La veille j'ai fait un drôle de rêve: je suis à Rio, je veux y louer un studio, je regarde par la fenêtre et là je vois la plage de Copacabana, et surtout j'aperçois le Corcovado, beau et imposant, et au dessus un avion qui passe. Je me réveille ce matin là pour partir en vol, ma toute dernière rotation sur moyen courrier, avant d'entrer dans la "cour des grands": je passe sur long courrier, premier vol prévu: Rio de Janeiro.

Ce rêve n'est certainement qu'un avant goût de tout ce que j'imagine depuis des mois: des destinations lointaines magiques! Prémonition? Je ne le saurais jamais.

Je pars sur mon dernier vol moyen le coeur un peu serré, je suis émue de dire"au revoir" à mon A320 chéri, à une habitude de vie certes, mais j'ai tellement hâte de changer aussi de rythme de travail malgré le stress de l'inconnu qui m'attends! Direction Vienne, puis retour Paris puis enfin Londres et fini!

Seulement sur le trajet pour Vienne grosses turbulences et là bam! Otite barotraumatique en vol, me voilà la tête dans les choux avec une douleur atroce à l'oreille.... le Commandant ne veut pas que je reparte, je le supplie, je veux rentrer à Paris. Super comme dernier vol.... je débarque à Roissy direction le centre médical de l'aéroport. Nous sommes le 1er juin 2009.... je trouve l'aérogare étrangement silencieuse, mais je suis tellement dans les vapes que je mets ça sur le compte de cette surdité forcée.

J'arrive au poste médical, le médecin m'accueille dans ce calme étrange, trop étrange finalement. Il m'ausculte, déclare mon AT, me mets en arrêt d'office 15j, pour le Rio c'est loupé ça commence bien..... et là, il me demande très gentiment comment ça va, moi je lui réponds "bah comme il y a 5mn toujours autant la tête dans le chou!!". Il comprends que j'ai loupé l'info et me dis "vous devriez passer à la Cité avant de rentrer, il s'est passé quelque chose de grave Mlle". Là mon coeur s'arrête de battre: j'ai compris. Pas besoin d'explications, de mots, je le sens et je le sais. Je pars presque en courant, le trajet me semble si long... je sais que ma cousine doit partir en vol en Afrique, j'essaie de la contacter, rien.

Arrivée à Air France, un silence lourd, pesant: toutes les télés diffusent les mêmes images, le temps s'est arrêté, les gens aussi. Et là j'apprends. Un avion est porté disparu, entre Rio et Paris. J'entends mal, comme de loin avec cette fichue otite, mais j'ai pas besoin de plus. Je me surprends à supplier ma cousine de ne pas partir en vol parce que j'ai peur. C'est con, c'est irrationnel mais ça me prends aux tripes. Elle partira les larmes aux yeux, incrédule.

Quelques heures après j'arrive à rentrer chez moi, et là je reste des heures devant la télé, abasourdie. Je pleure, je ne comprends pas, vraiment pas. C'est juste pas possible, pas réel. Plus les informations se confirment et plus des images se forment nettement dans ma tête: je vois les passagers, je vois le cockpit et surtout, surtout, je vois mes collègues. Je les imagines dans leurs procédures, je vois leurs gestes, leurs têtes, je les imagines assis à leur siège de structure harnachés. Tout est clair, tout est limpide et ça me donne presque la nausée. On m'a demandé à maintes reprise si je connaissais l'équipage. Non. Est-ce important? Les miens étaient à bord, point. Triste hasard, un des navigants portait le même nom de famille que ma grand mère paternelle...

J'ai passé les journées suivantes chez moi, en arrêt, scotchée devant mon écran. Peu on compris ma réaction, jugée "éxagérée". Aujourd'hui je sais que ce n'étais pas compréhensible pour ceux qui ne sont pas du métier.... mais à l'époque pas facile de se sentir jugée alors que ce sentiment de profonde tristesse vous envahit tout entier: je suis en deuil.

Alors le dimanche matin je m'habille et je pars, je m'en vais comme un automate direction Air France; j'avais besoin d'y être. Je retrouve ma cousine, nous pleurons dans les bras l'une de l'autre, inutile de se parler, on vit la même chose. La cité est triste, lourde, grise, inanimée. Morte. On dépose des fleurs, on signe les registres et on reste là parce que nous en avons besoin. Sans rien de plus.

Je décide aussi de mettre mon uniforme et d'aller à Notre Dame de Paris. Oui je suis en arrêt et alors? Que la sécu vienne me contrôler, sincèrement je m'en fiche! Je retrouve un collègue d'une autre compagnie, ami connu lors du CSS et ensemble on retrouve les nôtres. On est là parce qu'on doit être là, et aussi parce qu'on en a besoin. Cette bougie qu'on me demandera d'aller poser devant l'autel, je l'ai portée pour tous les navigants, pour les miens.

Les jours passent.... mon premier vol long courrier arrive enfin! Ce ne sera donc pas Rio, mais Sao Paulo. La boule au ventre ne me quitte pas, pour plein de raisons différentes. Cela fait 15j exactement que le crash a eu lieu. Au briefing l'ambiance est encore très particulière: les larmes ne se cachent pas, mais on est là pour faire notre travail, l'émotion est présente mais chaque navigant sait qu'arrivé aux portes de l'avion tout cela doit disparaître. Mais comment faire dans ce cas? Quel étrange vol que celui ci.... je ne l'oublierais jamais, c'est impossible. Là où l'excitation devait reigner, l'appréhension était présente. La crainte de ne pas assurer s'est volatilisée, la tête trop occupée à ne parler que de "ça", à se dire que ça y est nous survolons la zone exacte du crash... Ma première escale long courrier.... apéro entre collègues ok, caïpi ok mais ambiance... je vous laisse imaginer. Et pourtant je suis bien là, avec mes collègues, je suis comprise, mes craintes sont entendues, ma tristesse écoutée.

Le temps passe encore... un triste été pour moi: 3 semaines après le crash, ma grand mère maternelle décède. Une épreuve, dire au revoir à la femme que vous admirez le plus, que vous chérissez de tout votre coeur, et pourtant à 92 ans et avec Alzheimer, je sais qu'elle a eu une vie plus que remplie alors on pleure sa disparition mais nous rions aussi beaucoup et nous nous souvenons de cette femme extraordinaire qui vient de nous quitter en cet été 2009.

Et 3 semaines plus tard, rebelotte: je lâche, mon corps me lâche. Me voilà au début de ma lente descente aux enfers, mais je ne le sais pas encore. On me dit au début que c'est certainement un choc émotionnel qui vient de déclencher le "burn out", le cri du corps qui me dit "stop, t'en fais trop", mon accident du travail qui se réveille, drôle de coïncidence? Alors je pense à ma grand mère, mais pas au reste. Je me dis que ça me renvoie au décès de mon père, ok pourquoi pas.

C'est là que certains médecins ou spécialistes avancent timidement un "et comment avez vous vécu le crash du Rio-Paris?". J'avoue que je ne comprends pas le rapport, donc je me braque. Je ne vois dans cette phrase qu'une manière voyeuriste de parler à quelqu'un de la profession et ça m'agace.

Quelques mois plus tard les rêves commencent: je suis toujours dans un avion, en plein service, quand je me rends compte que l'avion est en train de tomber. Comme un avion en papier. C'est toujours dans des endroits peuplés, dans des villes.... dans ce rêve je peux ressentir la peur qui vient de mes tripes et je pense toujours aux gens que je vais laisser. J'ai choisi ce métier mais si je meurs, c'est eux qui en seront les victimes. Parfois je survis à ce crash, parfois je me réveille en sueur. Ce rêve je l'ai fait régulièrement jusqu'à il y a encore un an peut être. J'en ai parlé qu'à un psy avant, et encore il m'a fallu du temps.

J'ai compris il y a peu que oui, cet accident a eu un impact sur moi bien plus profond que je ne l'aurais imaginé. Je l'ai aussi accepté. Je n'ai jamais eu peur de prendre un avion et jamais je ne l'aurais. L'avion, c'est un peu ma maison. Mais je n'ai plus honte d'avouer que ce jour là j'ai perdu les miens, que je resterais à jamais navigante parce qu'on le devient, on le reste à vie, que notre vie change ou pas. C'est une grande famille, une corporation, appellez ça comme vous voulez.

Ce soir j'écris ici un peu comme une thérapie plutôt que pour vous faire sourire, je m'en excuse. Mais les mots doivent sortir, parce que ce soir je pleure encore les miens. Je pense à ces 150 personnes, je les imagines encore, je revois ces visages, j'essaie de comprendre ce qui ne l'est pas.

On nous apprends des procédures, on nous apprends à faire face à des atterrissages ou amerrissages d'urgence, à évacuer un avion, à éteindre des feux, à réquisitionner des passagers. Ces procédures sont encrées en moi comme de l'encre indélébile. Je reconnais chaque son, chaque alarme. Alors je pense à tous ces gens, à ce qu'ils ont du voir ou entendre. Je me demande s'ils ont pris une position de sécurité? Je réfléchis... et je revois encore et toujours ce gouvernail aux couleurs de mon pays flotter en plein milieu de l'océan.

Que votre repos soit éternels mes amis, je pense à vous, et à ceux que vous aimiez et qui vous aimaient. RIP.

Ce premier juin 2009...

Partager cet article

Repost0

Bienvenue chez Airlinair! (vismavie, chapitre 2!)

Publié le par Olivia Beltrani

Bienvenue chez Airlinair! (vismavie, chapitre 2!)

... ou plutôt chez Air Kinder... parce que chaque jour est une surprise! Ok ce n'est pas très sympa de dire ça, mais c'était une blagounette qui courait à l'époque où je suis rentrée chez A5 (le code IATA pour Airlinair) et que j'ai commencé à travailler comme hôtesse de l'air! Parce que bosser pour Airlinair et sur ATR aura été une sacrée expérience, dans le bon comme dans le mauvais sens!!

Airlinair a été la première compagnie pour laquelle j'ai travaillé c'était en 2007 (mince ça ne me rajeunit pas tout ça!!)... mon premier CDD dans l'aérien et je peux vous dire que je n'étais pas peu fière d'avoir décroché un contrat de 6 mois quand dans les autres compagnies les contrats étaient plutôt de 1 ou 2 mois voir au vol.... ok, j'allais faire des vols vers des contrées totalement inconnues pour moi (Brive la Gaillarde, Lannion, Aurillac...) mais mon objectif final était: Air France et travailler! Alors à moi les courts courriers, les nuits courtes, les rotations avec 5 vols par jour.... et surtout, l'expérience de travailler toute seule comme une grande dans un avion (ou un coucou, comme vous préférez).

Oui comme vous avez pu le voir, l'ATR est bien un avion à hélices. Oui, oui. Ce n'est pas un très grand avion (50 à 75 passagers max), il fait peur à tous ceux qui n'ont jamais volé dessus, il est bruyant, un peu vieillot et exigu, et parfois un peu en kit faut bien l'avouer :p mais vous avez devant vous un avion sûr, solide et sur lequel une jeune hôtesse comme je l'étais peut se vanter de se forger une expérience comme peu ailleurs!! 6 mois là dessus et vous êtes une cheftaine hors paire: normal, vous êtes toute seule là dedans, ou max à 2! Alors à vous la préparation du vol, le briefing avec les PNT, la préparation de l'avion, le vol... la TOTALE!!! Autant vous dire qu'il y a de quoi flipouiller un peu (beaucoup) lors de votre lâcher (= premier vol en solo)....moi j'ai eu de la chance, pour mon baptême j'ai eu le droit à un arrêt-décollage dans la neige, on s'est retrouvés hors piste, avec une évacuation d'urgence... tout va bien, ça faisait à peine 4 mois que j'avais mon CSS et 2 semaines que je bossais chez Airlinair ("surtout restons calmes!!"). Mouais, j'aurais peut être dû tilter à ce moment là: le chat noir se mettait doucement mais sûrement en marche!!!!

Airlinair ce sont donc des vols "transverses" en France, un peu en Angleterre et parfois des vols corporate ou VIP: j'ai tout testé, j'ai tout vécu. Les grèves, les pannes moteurs qui vous font rentrer en train (merci la SNCF de me ramener chez moi alors que j'ai un avion fait pour ça à la base), les footballeurs de l'équipe de Toulouse qui se comportent comme des chimpanzés et qui vous jettent des boulettes de pain dans la tronche (et après vous vous demandez pourquoi j'ai une haute estime des footballeurs), des rugbymans bien plus sérieux mais qui ont souffert le martyr dans les sièges dignes des minimoys de l'avion, des PDG de Renault en route pour les 24h du Mans, des habitués de la ligne qui vous claquent la bise, des fous (ça y en a partout je vous l'accorde), des gens paniqués à l'idée de monter dans "ça", et surtout surtout.... des tonnes de fous rires!!!

Je l'avoue, ça n'a pas toujours été facile de travailler chez Airlinair, pendant toute l'année écoulée je n'attendais qu'une chose: être prise chez Air France! Mais je ne pourrais jamais oublier l'ambiance géniale qui regnait! Des vols à pleurer de rire, des soirées de ouuuf! Et surtout des équipages supers, soudés (forcément à 3 ou 4, vaut mieux sinon je ne vous dis pas l'enfer), des amitiés qui se sont crées, parfois des aventures de dingue!

Par contre je fais encore des cauchemars sur l'uniforme... sincèrement une horreur! Je n'ai d'ailleurs aucune photo de moi dans cet accoutrement, qui n'était pas à ma taille, avec un bleu pétant et franchement transparent et surtout... surtout... le foulard avec 12 perroquets (oui 12 je les ai comptés maintes et maintes fois me demandant: "pourquoi??"), sur fond orange.... et le perroquet, bah 12 Ara un peu comme lui:

Bienvenue chez Airlinair! (vismavie, chapitre 2!)

Pour la petite histoire, notre PDG de l'époque était fan de perroquets, au point où nous en avions 2 dans nos locaux, qui parfois se baladaient tranquillement dans les couloirs (et là vous croisez les doigts pour qu'ils ne vous prennent pas pour cible), d'où le logo et malheureusement ces 12 volatiles sur un foulard déjà hideux. Je vous laisse imaginer l'émotion le jour où j'ai enfilé pour la première fois mon uniforme made by Christian Lacroix...!

Airlinair, air galère aussi... je n'ai jamais eu autant de "nogo" dans ma carrière qu'ici! Nogo = non, ce ne sont pas les no go zones, mais plutôt l'immobilisation de l'avion pour problème technique. J'en ai eu à la pelle.... alors parfois je restais coincée plusieurs jours quelque part (comme à Lannion, où j'étais juste partie avec mon pyg et ma trousse de toilettes pensant rentrer le lendemain... me voilà 24h après en train de demander au commandant de bord de m'accompagner faire les boutiques pour m'habiller de la tête aux pieds!!! nous sommes rentrés en train 3j après :p), ou chez moi (bien mieux), ou en train de faire demi tour à cause d'un bout de scotch qui était censé tenir une hélice (euh comme dire là c'est moi qui suis nogo!!!!).

Airlinair ou l'apprentissage de ma vie d'hôtesse: les années ont passé, alors aujourd'hui j'en garde plus le souvenir d'une première expérience riche de cette nouvelle vie, et qui m'a permis par la suite d'entrer chez Air France! Airlinair aura été un peu l'anti chambre de la grande et prestigieuse compagnie nationale, où j'ai pu y faire mes armes et prendre beaucoup, beaucoup d'assurance et de confiance! Je sais aujourd'hui que je n'aurais sans doute pas été l'hôtesse que j'étais si je n'avais pas eu cette année pour apprendre réellement ce métier alors je n'ai qu'une chose à dire: merci A5! ;)

Partager cet article

Repost0

Et sinon, vous dormez?

Publié le par Olivia Beltrani

Poste repos boeing
Poste repos boeing

Voilà une des questions qui revient souvent: mais est-ce que vous vous reposez pendant le vol? Où??

Non, un PNC n'a pas besoin de se reposer, il peut tenir 36h sans cligner une paupière, le teint toujours parfait, le chignon impeccable, l'uniforme tiré à quatre épingles, le sourire scotché aux lèvres!

Enfin, ça c'est dans les films.... parce que je défie quinconque de travailler 12h d'affilé, ou de nuit, sans avoir à un moment le besoin de s'allonger et de fermer les yeux. Ok, on est des sur hommes et des wonderwoman, mais faut pas pousser mémé dans les orties non plus.

Ceci dit moi je faisais partie de la population de ceux et de celles qui somnolent à peine pendant leur temps de repos donc en général au bout de 30h debout je tombais dans le coma en arrivant chez moi ou à l'hôtel :p

Bien évidemment sur moyen courrier cette notion de repos n'éxiste pas! Je vous parle donc de ce qui se passe sur long courrier! Car lorsque vous faites un Paris-Tokyo, ou un New-York-Paris vous êtes à tour de rôle de "garde" ou de "repos". Perso, j'aimais bien être de garde au premier tour et me reposer sur le deuxième, comme ça au réveil hop hop hop service de petit déjeuner, atterrissage, arrivage, maison, dodo. Maiiiiiiis, on ne choisit pas au hasard, cela dépends du poste que vous occupez en vol!! (j'vous expliquerais un jour!)

Selon le trajet le temps de garde/repos diffèrent: parfoit 1h, parfois 4... autant vous dire que lorsque vous avez 1h de repos, vous avez à peine le temps de fermer les yeux qu'il faut déjà se lever (et là c'est quand même un peu la torture), 4h c'est mieux, mais ça veut dire également 4h de garde!

Enfin, la question qui vous taraude le plus je la connais bien: mais où diable dormez vous?! Les passagers sont toujours très curieux lorsqu'ils nous voient descendre (vous dormez dans la soute??), ou monter (quoi, il y a un étage dans l'avion??) et je crois que l'imagination de la plupart des gens va bon train.... un "poste repos", ça ressemble en général à ça:

Et sinon, vous dormez?

Un dortoir étroit et fonctionnel! Et non, il n'y a pas de poste repos fille et poste repos garçon, on est une belle et grande famille, on est des adultes alors on partage!! Et voilà je peux déjà lire dans vos pensées.... bande de pervers!!!! Ok, je ne dis pas que certains ne partagent pas leur couche :p mais en règle générale chacun à sa place, et au dodo!!

Par contre.... nous ne partageons évidemment pas le même poste repos que les pilotes... faut pas abuser.

Pour eux c'est plutôt poste repos de luxe par rapport aux nôtres! Faut bien les chouchouter hein.....

Et sinon, vous dormez?

Et à chacun ses grigris, ses habitudes (pour moi: sac de couchage, grosses chaussettes, tenue de sport, un peu de musique douce), sa couchette préférée (je n'aimais pas dormir dans celles du fond)!

La toute première fois que j'ai dormi dans un poste repos, c'était chez Corsair pour mes 60h de vol.... en fait j'ai jamais fermé un oeil, j'avais l'impression d'être dans un cercueil! Et cette impression, il m'a fallu encore quelques temps pour m'en débarrasser (surtout dans le poste repos sur Airbus). Sans compter que j'ai un sommeil tellement léger qu'entendre son gentil collègue ronfler, avoir souvent froid, être en pleines turbulences ou tout simplement pas assez fatiguée pour se laisser aller ont toujours eu raison de mon sommeil récupérateur... je vous passe les détails de ma tête "au réveil"!!

Vous penserez à moi la prochaine fois que vous prenez l'avion, faites un petit jeu: amusez-vous à repérer les PNC qui viennent à peine de se lever du poste repos alors qu'il est 2h du matin ou que le petit déjeuner va être servi... vous verrez à leur tête dans le *** que ce sont des êtres humains comme tout le monde!!!

Et surtout n'imaginez pas que cela ressemble à ça:

Et sinon, vous dormez?

Et puis quoi encore?!

Partager cet article

Repost0

PAX, mon amour!

Publié le par Olivia Beltrani

PAX, mon amour!

Pax comprenez: passagers.

Que serait un avion sans ses passagers?!

Grâce à eux notre métier prends tout son sens, c'est grâce à eux que l'on existe et que nous travaillons!!

Oui mais.... nous en rencontrons tellement, venant des quatre coins du monde, qu'il est bien normal de ne pas tomber que sur des personnes tranquillement assises sur leur siège et qui attendront sagement que l'avion les porte d'un point A à un point B!!

Et puis, ça pimente un peu le vol non?! Il est vrai que parfois on s'en passerait bien, que certains nous font sortir de nos gonds, qu'on rêve d'un hublot qui s'ouvrirait et pfiiiiittttt embarquerait uniquement le casse bonbon de service!

Il y a ceux qui sont tellement apeurés qu'ils ne savent plus se contrôler, ceux qui ont confondu le Georges V avec la classe éco ou ceux qui ont décidé qu'aujourd'hui c'était TA fête et pas celui de ton collègue!

Le blasé, qui a tout vu, tout vécu, qui vole plus que toi donc "vous ne me la ferez pas Mlle"

Le parano, qui voit des bouts d'avions tomber toutes les 10 minutes et qui est capable de faire une émeute ("jvous jure j'ai vu une vis tomber de l'aile, on va tous mourir!!")

Le râleur: il fait trop froid, il fait trop chaud, mon siège est plus étroit que celui de mon voisin, votre poulet est infecte et le poisson est immangeable, le vol est vraiment trop long, j'ai déjà vu tous vos films, je vous ai demandé 3 glaçons dans mon verre pas 2, pourriez-vous arrêter les turbulences? c'est désagréable....

Le rebelle: "jm'en fous des turbulences si vous ne me laissez pas aller aux toilettes je fais pipi sur mon siège ou dans le couloir!"

Le négociateur: "si vous me surclassez je vous invite au resto" (petit clin d'oeil aguicheur qui va bien)

L'amoureux: "dès que je vous ai vu, je n'ai cessé de penser à vous, cet uniforme vous va si bien.... je vous offre un verre pendant votre garde?" (bah voyons, et c'est moi régale lol)

Le pressé: "si vous pouviez dire au Commandant de Bord d'accélerer un peu, j'ai un rdv dans 6h..." (je vais de suite lui demander de passer la 6ème Monsieur)

La bimbo: "ouhhhh il fait froid dans cette avion!!" (je suis certaine que si tu mets quelque chose au dessus de ton short-string ça ira mieux...)

L'indécis: "qu'est ce que vous avez en boisson?" (tu énumères toute la liste) "Il vous reste du poulet?" (non mais je vais demander à mes collègues) "Et du pain?" (bien sûr je vais vous en chercher) "Bon finalement je ne prendrais rien" (ahhhhh)

La star (à ne pas confondre avec les personnalités publiques reconnues): en général il aime passer son dernier coup de fil avant de monter dans l'avion juste DEVANT la porte d'embarquement, en demandant aux autres passagers de faire moins de bruit pendant qu'ils montent et s'installent, et que tu attends à la fin de l'embarquement, prêt à lui bondir dessus parce qu'il n'a toujours pas terminé son coup de fil et qu'en plus il soupire lorsque vous lui intimez gentiment mais fermement l'ordre de raccrocher et de monter dans l'avion.

Le goujat: il vous laisse sa valise dans le couloir, siffle et vous fait signe de ranger sa valise. hop hop hop boniche, et que ça saute!

Le "je-pète-un-plomb": "I fuck you with my golden carddddddd!!!!!!!!!!!!!"

Le tueur: lui on n'a pas trop envie de le chercher, il n'y a pas une mouche qui vole et vous évitez le contact visuel...

L'impatient: en vous tendant un pièce de 2€, "vu que c'est de votre faute si nous sommes en retard, vous irez me chercher un ticket de métro en arrivant"

Il y a aussi le coupeur d'ongle, le mourant (pas pour de vrai bien sûr!!), le nanty qui débarque en Première, l'accro à la clope, alcool ou smartphone, le bricoleur, le "je sais tout", l'arnaqueur.... une belle brochette de ce que la nature humaine a de meilleur!

Heureusement, parmi cette foule de déchaînés, il y a des milliers de gens adorables, souriants, avenants: ceux qui prennent l'avion pour la toute première fois, le petit couple de jeunes mariés, les timides, les attentionnés, les retraités, les collègues, ceux qui savourent leur chance de partir enfin en vacances...

Alors la prochaine fois que vous prendrez l'avion pensez à tout ça, armez vous de votre meilleur sourire et soyez sympa avec les pnc!! Sinon ce sera à vos risques et périls....... :p :p :p

Partager cet article

Repost0

Ma vie de curiste!

Publié le par Olivia Beltrani

Ma vie de curiste!
le hall d'entrée des thermes :)
le hall d'entrée des thermes :)

Aujourd'hui j'ai envie d'être un peu hors sujet, et de vous parler de mon actualité: je suis en cure thermale. Oui, le truc fait pour les vieux, l'endroit qui pue l'oeuf pourri, où l'eau est jaune douteuse et où vous avez l'immense chance de voir un défilé de charlottes pour le bain dernier cri... version années 1970. THE cure thermale quoi.

En tout cas ça c'est l'image que tout le monde se fait, et de ce fait celle que je me faisais de ce lieu de débauche post retraite... la vérité est tout autre! (ou presque).

Bon, c'est vrai: ça pue vraiment l'oeuf pourri (enfin, le soufre) et l'eau a vraiment une couleur douteuse (mais non pas parce que la population qui fréquente ces lieux est privée de Tena pendant 1h30, mais bien parce que c'est la couleur de cette eau "miraculeuse"). C'est vrai, les retraités sont légion... mais pas que!! Et ça, c'est sans doute la plus grosse surprise que j'ai eu en arrivant pour la première fois aux Thermes il y a maintenant 3 ans! Il y a des jeunes, oui oui, des personnes de mon âge (et même des plus jeunes que moi), des quarantenaires aussi... du coup, vous vous sentez de suite un peu plus à votre place :p

Et je peux vous dire que nous faisons la joie des papys dragueurs et des mamies qui vivent seules le restant de l'année... nous, trentenaires, bénéficions d'un traitement de faveur: les curistes retraités nous aiment bien, nous leur rappellons la fougue de leur jeune âge, leur enfant ou leur petit-enfant; les soignants nous chouchoutent, c'est aussi agréable de discuter avec des "jeuns" et encore plus lorsque les soins impliquent, par exemple, des massages (dois-je vraiment vous faire une photo?!). Bref, en cure je suis une V.I.P. C'est trop d'la balle.

Autant la première année je suis arrivée en touriste, sceptique et surtout un peu paniquée à l'idée de me retrouver avec des fans de Derrick pendant 18 jours... autant maintenant j'attends ce moment de détente et de "je me coupe pendant 3 semaines de ma vie de folie" avec impatience. C'est sûr, le corps me le réclame, mais l'esprit aussi!

Ici on oublie le temps, on oublie de courir, on pense à soi et on se fait du bien! Alors pourquoi cela devrait être uniquement réservé au club du 3ème âge? Et en plus on mange du saucisson, on se goinfre de fromage et on boit du bon vin... bah oui, faut s'occuper de soi de manière globale et dans toute notre intégralité (c'est le médecin qui le dit).

Les journées sont rythmées (et attention, nous n'avons que le dimanche comme jour de repos!!): cure le matin (de l'eau, de la piscine, de la bouuuuee, des jets, du chaud.... et j'en passe!) et l'après-midi, selon que vous ayez de la chance ou pas (moi cette année je suis servie!!): kiné, gym, aquagym, relaxation.... en gros le soir vous tombez comme une masse et vous dormez comme un bébé (ou presque, ça dépends si vous avez abusé de l'apéro ou pas)! Le tout dans un cadre, il faut bien le dire, magnifique! Je suis à Aix-les-Bains, dans les montagnes savoyardes, entre le lac du Bourget d'un côté et le Revard de l'autre: une bouffée d'oxygène! Et les Thermes sont vraiment très belles, refaites depuis quelques années, et donc avec l'impression d'être dans un endroit 4 étoiles. Comment ne pas apprécier?

Alors oui, si je pouvais être en thalasso avec des copines au bord de l'océan Indien, en train de siroter une piña colada je prends le premier avion et je fonce!! Mais malheureusement ce n'est pas d'actualité (mais s'il y a des volontaires faites moi signe!!); mais ici les papouilles et le farniente sous un soleil caliente ne sont pas à l'ordre du jour!! La cure, c'est médical, c'est fait pour se soigner et pour ce qui me connaissent un peu au delà du blog savent à quel point ça m'aide et me fait du bien!

Donc je ne suis pas là pour vous vendre des actions, ni pour faire réserver une cure à la fin de cet article (mais ceci dit si vous en avez l'occasion foncez!!), mais bien pour vous dire: la cure c'est cool... yeahhhhh!!!!!

Ma vie de curiste!

Partager cet article

Repost0

The Mile High Club

Publié le par Olivia Beltrani

The Mile High Club

Ceux qui ont déjà testé savent de quoi je parle...

Pour les autres, avez vous une idée de ce que peut bien être le "Mile High Club"? C'est un club très select je vous préviens... beaucoup de candidats, mais très peu d'élus!! Enfin, peut être que oui, et si ça trouve vous pourriez prétendre à adhérer au club mais vous ne le savez même pas...! Ce serait dommage de passer à côté, rien à voir avec les dizaines de cartes de fidélité qui remplissent votre porte feuille, croyez moi..

Petit indice: semaine de Saint Valentin oblige, je ne pouvais pas ne pas parler du Mile High Club en bonne ex pnc que je suis! Toujours aucune idée, vraiment!

Allez comme je suis une fille sympa je vous explique:

Le Mile High Club est réservé aux personnes ayant eu des relations sexuelles à 5280 ft au minimum (et oui, c'est très précis!), dans un avion et plus précisément dans les toilettes d'un avion (le faire dans une cabine est aussi accepté car bien sûr c'est un challenge supplémentaire)!

Bon ok au départ c'était encore plus strict que ça: les membres devaient exclusivement avoir eu des rapports avec un pilote, ou une hôtesse de l'air, au poste de pilotage si possible.

Ce club créee par nos amis british est peu connu en France, mais bien connu par les pnc du monde entier... Sachez que dans certaines compagnies ces pratiques sont de ce fait interdites (si vous prenez Singapore Airlines mes amis, oubliez ça de suite), ou au contraire incitées (oui oui, n'hésitez pas à vous envoyer en l'air avec Mile High Flights).

Je ne sais pas ce qui en est de mes anciens collègues, et je ne vous dirais pas si je fais partie ou pas de ce club mais comme je suis une fille sympa, voilà les étapes à suivre pour adhérer au Mile High Club:

ETAPE 1:

Il faut tout d'abord attendre que l'avion ai atteint son altitude de croisière. Le meilleur moment est d'attendre que le service soit terminé, la garde commencée, que la plupart des passagers dorment ou regardent un film...

ETAPE 2:

Lorsque la voie est libre, un des deux partenaires doit aller occuper la place... donnez vous un signal de 5mn au delà duquel vous reviendrez à votre place si votre partenaire ne vous a pas rejoint: d'une part ça évitera au pnc de garde de venir vérifier (le pnc est ici LA personne dont il faut se méfier!!) et de retourner voir pourquoi on ne vous a pas rejoint...

ETAPE 3:

Bon là il n'y a pas 36000 façons: il faut aller vite!! Soyez rapides!!! Et si par hasard le pnc de garde commence à frapper à la porte... croisez les doigts pour qu'il ne force pas la porte :p

ETAPE 4:

Il ne reste plus qu'à aller partager votre expérience pour devenir à vie membre du Mile High Club.. et bien sûr à réitérer si cela vous a plus!!

Alors.. envie de faire partie du club? Ou est-ce déjà chose faite? :)

Partager cet article

Repost0

La neige, les avions et moi...

Publié le par Olivia Beltrani

La neige, les avions et moi...

Oui, j'ai aimé la neige sur les pistes pour environ...5mn. Jusqu'à ce que je comprenne ma douleur!!

En tant que bon chat noir (maintenant que je ne suis plus pnc je peux l'avouer..j'ai vraiment tout eu!!), la neige, les avions et moi, ça n'a pas vraiment été une grande histoire d'amour!

Et pourtant... nous nous sommes beaucoup côtoyées: non seulement aux 4 coins du monde (surtout les plus froids, comme Moscou, Saint-Pétersbourg, Genève, Oslo, Montréal, Toronto, New York, Boston et j'en passe...), mais aussi sur les tarmacs, à 4h du matin, ou à 6h ou même à 15h après tout l'heure n'a pas d'importance! Dans des avions frigorifiés entre 2 vols sur moyen courrier lorsque on attends portes grandes ouvertes pendant le ménage et le chargement des prestations... j'ai découvert les bouillottes faites avec les bouteilles de Perrier, les doubles chaussettes dans les bottes qui ne changent strictement rien, le gilet interdit (chuuuut) sous la veste et surtout.. le DAMART. Bah oui, ça jette un froid (c'est le cas de le dire) sur le glamour des hôtesses je sais, mais inutile de vous mentir. Dans un avion, ça pèle. Encore plus quand il neige.

Et pourtant.... le spectacle reste majestueux: quand on est les premiers arrivés tôt le matin, l'aube n'est pas encore levée, vous êtes les premiers à fouler le tarmac avec vos mocassins trempés et vous vous arrêtez une minute pour admirer le paysage et écouter... c'est calme, paisible, l'aéroport se réveille à peine et vous vous sentez malgré tout privilégié. La neige brille, elle est blanche et immaculée. C'est beau un aéroport qui se réveille..!

Et pourtant... aujourd'hui je suis bien contente d'être au chaud pendant qu'il neige un peu partout en France, mais j'avais envie de partager cela avec vous! Alors chers amis PNC, et surtout ceux qui partent vers la neige et le froid: profitez bien de ce spectacle et couvrez vous bien!! (et bon courage aussi :p)

La neige, les avions et moi...

Partager cet article

Repost0

On ne naît pas PNC, on le devient!

Publié le par Olivia Beltrani

On ne naît pas PNC, on le devient!

Aujourd'hui, j'ai envie de vous raconter un peu le long chemin qu'il faut parcourir (du moins en France!) pour décrocher le fameux sésame, et devenir Personnel Navigant Commercial!!

Parce que bon, ça ne paraît pas comme ça, mais sachez que ça se mérite. Avant de pouvoir arborer fièrement votre uniforme Lacroix (enfin pas toujours celui là d'ailleurs !), vous allez devoir utiliser vos neurones, vos muscles, dépasser vos peurs et vous dépasser tout court! Après ça, G.I Jo peut aller se faire cuire un oeuf.

Lorsque j'ai décidé d'entamer ma formation, il s'agissait encore du CSS ou Certificat de Sécurité et de Sauvetag: ça veut tout dire!! Le but n'est pas d'apprendre à servir un bon Mouton-Cadet pendant des turbulences ou arborer votre plus beau sourire tout en avouant que non, il n'y a plus de poulet Monsieur.... mais il reste du poisson (il reste TOUJOURS du poisson), non!! Ici on vous apprends que vous êtes responsable de la sécurité et de la sûreté de votre avion, que vous êtes les yeux des pilotes qui sont eux au cockpit...voilà qui est rassurant!! C'est une sacrée responsabilité de laisser des hommes et des femmes dans un avion, et ça s'apprends!

Mais la route est bien longue et semée d'embûches.... la première d'entre elle, l'incontournable qui vous délivre le sésame pour commencer votre formation en combat est: la Visite d'Aptitude Médicale.

Personnellement, cette première visite j'en ai fait des cauchemars!! Je lisais tellement tout et n'importe quoi dessus que j'étais persuadée d'être totalement inapte autant psychologiquement que physiquement! Sûr, ils allaient me griller et découvrir que je suis schizo, que j'ai un rein en moins et qu'en prime j'ai un 3ème poumon qui pousse dans le dos.

Du coup, j'ai forcé ma meilleure amie à se lever à 6h du mat et à m'accompagner dans ma journée marathon... et heureusement qu'elle était là!! Elle m'a tenu la main pendant que j'étais à deux doigts de tomber dans les pommes pour ma prise de sang, elle m'a fait boire des litres d'eau pour ensuite faire mon glam test pipi (moment très classe, vous êtes avec votre petit bocal et vous faites la queue entourée de navigants, militaires ou civils, en discutant style de rien jusqu'à arriver devant dame pipi, une dame au fort accent russe connue comme bartabas!), elle m'a guidé dans les couloirs après avoir eu droit à des gouttes dans les yeux qui m'ont aveuglé pendant toute la journée... bref toute seule ça aurait été bien compliqué! Et enfin après avoir vu 15 médecins en 3h on vous appelle dans une petite pièce et on vous annonce que vous êtes APTE. Un doux mot magique: nous y voilà, les choses sérieuses peuvent enfin commencer!!!

La formation se décompose en trois parties: théorique, pratique et les 60 heures de vol (qui n'existent plus aujourd'hui, énorme bêtise!!)

Nous voilà donc revenus comme au premier jour d'école, habillés en "pnc-to-become", pour 15j de cours plus qu'intensifs! Allez, comme je suis sympa je vous ai retrouvé en exclusivité une de mes toutes premières photos avec mon premier uniforme.... c'est du big dossier je vous préviens!!!

On ne naît pas PNC, on le devient!
On ne naît pas PNC, on le devient!

La théorie, ce n'est pas ce qui vous amuserait le plus!! Des dizaines de mots et connaissances ultra techniques en aviation, le vol, la météo et j'en passe.... en théorie, on apprends tout, même à gérer un atterrissage d'urgence ou un accouchement. Finalement, il faut bachoter, mais la solidarité pnc commence dès ces premières heures de cours: les premières rencontres, les premières amitiés se lient et avec elles ont se serre les coudes pour réviser et réussir ensemble!! Et on réalise aussi qu'on ne peut pas faire ce métier juste parce qu'on a vu la lumière ou qu'on se dit que ça doit être sympa de voyager à droite et à gauche...!

La partie la plus fun... enfin ça dépends pour qui... la pratique! Et là on ne rigole plus: voilà arrivés les premiers cours de secourisme (en plus des "classiques", vous avez l'immense chance d'apprendre à faire des attelles avec des magasines, mettre un corps dans un linceul ou accoucher une femme... le soir même vous filez allumer un cierge: pourvu que je ne devienne pas le prochain chat noir de ma future compagnie!! bon mon cierge devait être défectueux ce jour là....). On saute tous en choeur dans une piscine pour faire la "grappe" ou apprendre à monter dans un canot de sauvetage (grand grand moment de solitude), vous devez aussi faire 100m en moins de 2mn (je remercie d'ailleurs le club med gym pour le prêt de ses piscines ainsi que ma coach), essayer de sauter dans l'eau sans avoir l'air trop ridicule puis enfiler un gilet et sauver votre collègue de la noyade (et le rassurer: "t'inquiète on est dans une piscine, y a pas de requins mais je vois des baleines au large")

Et puis bien sûr, que serait cette partie pratique sans un petit saut dans le toboggan (surtout attention au coccyx... oups, trop tard), ou quelques extinctions de feu?! Il faut s'équiper, passer dans une cabine enfumée et éteindre un feu... non mais tout va bien, on est des warriors ou on ne l'est pas!!!! Cet examen on le veut, on l'aura, à la vie, à la mort!!!!!!!

On ne naît pas PNC, on le devient!

Et bien chers amis sachez que pour la miss catastrophe que je suis, non seulement le jour J je me suis découverte une âme de guerrière, mais je me suis dit que si être PNC ça voulait dire être une femme forte, capable d'assurer sur tous les fronts dans une carlingue alors ce métier était fait pour moi (bon ok je pense que j'étais shootée à l'adrénaline aussi)!

Quel bonheur de réussir ces deux parties haut la main!! On arrivait au bout du parcours.... les 60 heures de vol!! Il s'agit d'effectuer ces 60h pour valider votre diplôme, et puis ça permet enfin de mettre les pieds dans un avion et voir en vrai à quoi va ressembler notre futur métier. Quand on pense que dans mes collègues de promo certains n'avaient jamais volé de leur vie, ma foi on peut se dire que c'est un moment assez décisif dans une vie (c'est comme si j'avais décidé d'être alpiniste alors que j'ai jamais alpiniser quoi).

Pour ma part, je me suis retrouvée chez feu Corsair. A moi les allers/retours (et pour le coup oui, dans la foulée, même pas 24h de repos sur place, on passe presque 2j non stop dans l'avion c'est juste un truc de malades) vers la Martinique, la Guadeloupe et Saint-Domingue... dont je ne verrais même pas le tarmac. 60 heures d'aliénation totale, on ne sait même plus comment on s'appelle.... mais on découvre: l'avion, les passagers, les galleys, le cockpit... alors on est émerveillé ou à la limite du pétage de plomb pour manque de sommeil et d'air frais, je ne sais pas trop.

Mais on y est, au touche à la fin, au bout du bout: ça y est, on est PNC. Je kiffe, non je sur kiffe.

Chères compagnies aériennes, mais surtout Air France, préparez-vous, j'arrive.....!

Partager cet article

Repost0

<< < 1 2 3 4 > >>