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Aujourd'hui est le premier jour du reste de ma vie...

Publié le par Votre ancienne PNC préférée!

Aujourd'hui est le premier jour du reste de ma vie...

Si on m'avait dit qu'un jour je serais hôtesse de l'air...

Si on m'avait dit qu'un jour je serais hôtesse de l'air chez Air France....

Si on m'avait dit que je voyagerais au quatre coins du monde, rencontrerais des gens venus d'horizons totalement différents, qu'au grè de ces rencontres se lierait des amitiés et que l'avion deviendrait un peu comme une deuxième maison...

Si un jour on m'avait dit qu'un trolley allait me tomber sur le pied et que ce serait la fin d'un temps où j'avais (presque) tout...

... Je n'y aurais jamais cru!

Et pourtant c'est bien comme ça que ces 10 dernières années se sont passées!

Avec le recul je ne regrette absolument rien même ces moments difficiles et douloureux liés à mon accident car ils m'ont rendue encore plus forte et m'ont montré que je suis capable de soulever des montagnes. Que la vie ne fait pas de cadeaux mais que rien n'arrive par hasard. Oui, je crois profondément au destin et aux signes qu'ils nous envoie. Même ces dernières années au "sol" frustrantes et fatigantes parfois m'ont montré de quoi je suis capable... Et m'ont donné les armes pour continuer à me battre. Ailleurs.

Quand j'étais encore pnc je rêvais de mon tout dernier vol, de la destination que je choisirai, des collègues à qui je demanderai de m'accompagner pour ce dernier tour de piste: j'aurai mis mon plus bel uniforme, fait mon chignon une dernière fois et de mon plus beau sourire accueilli une dernière fois tous ces passagers venus avec leurs tics et leurs tocs. Servi mon dernier plateau, fait une dernière annonce de ma voix la plus suave et atterri au poste de pilotage. Puis j'aurais désarmé et ouvert la porte une dernière fois, dit au revoir avec un petit trémolo dans la voix et descendu mon bagage via l'escalier de service avant d'arriver au bus. J'aurais enfin fait des bisous à tous et serait rentrée chez moi émue, mais sachant qu'une belle et longue carrière de navigante prenait fin pour me laisser profiter d'une retraite pleine d'aventure et de nouveaux voyages!

Je n'ai pas su de suite que mon dernier vol était le dernier: heureusement ce fut une escale mémorable, avec un équipage parfait, dans une ville absolument magique! Je suis donc ravie à défaut d'avoir pu choisir, de garder toute ma vie dans mon cœur ce dernier moment en tant que pnc!

"Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon navire": voilà pourquoi aujourd'hui est mon dernier jour chez Air France. Presque 8 ans après, il est temps pour moi de prendre un nouvel envol et de sauter dans l'inconnu. Prendre des risques pour retrouver un plaisir perdu et pour me permettre de concrétiser de nouveaux projets. Je pars sereine, sûre de mon choix et sans aucun regrets car je sais que mon temps dans cette compagnie est révolu.

Cela ne m'empêche pas d'être nostalgique, d'avoir bien sûr un peu peur et puis je quitte une maison que je connais tellement bien et qui m'a vu grandir professionnellement... Comment ne pas être un peu triste et émue?

Merci à toutes les belles personnes qui ont croisé mon chemin, et aussi à celles qui ont voulu me mettre les bâtons dans les roues, vous avez fait de moi quelqu'un de meilleur ;) merci Air France de m'avoir fait croire en mes rêves et de m'avoir fait appartenir à une compagnie dont je porterais toute ma vie fièrement les couleurs.

Je ne sais pas encore de quoi demain est fait, mais je suis et resterai une "pnc Af" où que mon parcours me mène... Et continuerai à vous raconter les tribulations d'une ancienne hôtesse de l'air pendant encore longtemps.

Ce n'est qu'un au revoir...

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À toi qui verra peut être le jour...

Publié le par Olivia Beltrani

Cher futur moi (nous),

Mes premières pensées sont allées vers toi. Toi qui sera peut être un jour ou pas, toi qui devra vivre dans ce drôle de monde et cette triste époque. J'ai été soulagée que tu ne sois pas là en ce vendredi funeste, ni en janvier d'ailleurs. Est-ce mal? Je ne sais pas mais j'ai tellement mal, je suis tellement triste et sonnée, je manque cruellement de mots pour m'expliquer déjà tout ce qui vient de se passer que devoir te l'expliquer à toi me semblerait être encore plus difficile.

Comment pourrais-je d'ailleurs? Par quoi devrais-je commencer?

Je commencerais sans doute par te dire que le monde a toujours été un peu chaotique. Que les guerres ont toujours existé, que les méchants ont toujours tué par excès de pouvoir, de religion, de fanatisme, de terreur.

Que les hommes se sont depuis des siècles battus pour proclamer haut et fort leur liberté et les valeurs qui leur sont chères.

Je te raconterais surtout que tes arrières grands parents ont vécu sous des dictatures tellement horribles qu'ils ont décidé de se battre pour retrouver cette Liberté qui leur étaient chère pour justement permettre aux générations futures de vivre dans un monde où les hommes et les femmes vivraient comme bon leur semble sans distinction de couleur, religion ou appartenance d'aucune sorte. Ils ont vu et vécu des choses qui dépassent l'entendement et l'ont raconté à leurs enfants et petits enfants en espérant ainsi ne plus jamais vivre cela.

Ensuite je t'expliquerai que tes grands parents ont profité de cette liberté retrouvée tout en vivant les prémisses de ces changements obscurs: que ta grand mère de mon côté s'est retrouvée en pleine guerre des 6 jours en Israël, parce qu'elle était un brin hippie et se la coulait douce dans des kiboutz... Que ton grand père lui était un pilote de chasse, un vrai! Qu'il a fait la guerre et oui, mais toujours pour combattre les méchants rassures toi. Il a vu ses frères décapités par des fanatiques au Congo et s'en est sorti par miracle. Qu'il a été en Afghanistan et au Pakistan et qu'il a su à ce moment là, que quelque chose de bien plus grand et grave commençait à se préparer. Je suis sûre que toutes ses histoires t'auraient fasciné mais tu ne pourra jamais les entendre car il est parti bien avant de voir l'inimaginable... Et quelque part tant mieux...

Et puis il faudrait que je te relate tous ces événements: ces avions qui rentrent dans des tours à New York, des milliers d'innocents tués en Espagne, en Angleterre, des personnes qui fuient leur propre pays et bien sûr je serais obligée de t'expliquer ce qui se passe ici aujourd'hui.

Te dire quoi et comment? Que des fanatiques sectaires ont décidé d'interpréter à leur manière des versets du Coran et de voir le mal là où la religion devrait être que paix et amour. Que des milliers de gens à travers le monde et ici sont mortes pour des fausses idéologies, pour avoir trop aimé la vie, la liberté et les autres. Pourrais tu le comprendre? Car moi j'ai déjà beaucoup de mal. Il faudrait que je te dise qu'il y a des gens qui veulent te voir mort juste parce que tu vis dans le pays des droits de l'Homme alors que tu ne serais ici sur cette Terre uniquement parce que ton père et ta mère voulaient à un moment donné te voir arriver dans leurs vies.

Et puis il faudrait aussi que je te dises que nous ne pouvons laisser ses malades gagner. Qu'il est impensable de les laisser t'enlever ce qui fait que tu es un citoyen de ce monde: ta liberté, tes passions, tes valeurs humaines, tes amitiés et tes amours. Que pour cela il faut parfois passer des décisions difficiles: faire la guerre. Hélas on ne peut pas laisser les choses sombrer encore plus dans la terreur et le chaos. Et puis ta maman est fille de militaire souviens toi en ;) mais mon côté bisounours te dirait aussi que c'est pour que l'amour triomphe et que tu puisses vivre en paix.

Je te souhaiterais enfin de vivre pleinement cette vie qui s'ouvre à toi: ris, danse, bois, mange, tombe amoureux, aies pleins d'amis, entreprends, échoue, tombe et recommence.

Dans tous les cas c'est ce que moi, cher futur moi, je compte bien faire.

À toi qui verra peut être le jour...

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Ode à toi qui aime la critique!

Publié le par Olivia Beltrani

Très sincèrement je ne pensais pas qu'autant de monde lirait mon dernier article: plus de 5000 rien qu'en 48h!! C'est dire si l'actualité n'était pas brûlante... Comme je l'ai dit, c'était un cri du cœur, écrit entre un voyage en bus et en train (oui je vous vois venir: je ne prends pas l'avion au moindre déplacement!!), le besoin de dire tout haut ce que je pensais tout bas.

Et bien évidemment j'ai eu énormément de retours, la plupart touchants et positifs et certains bien acerbes et critiques. Normal, on ne peut pas plaire à tout le monde et ce n'est certainement pas ce que je cherche à tout prix. Parfois la critique est constructive en plus! Bon ok là je dois admettre que pour la plupart elle était... Étonnante!

Je reviens notamment sur ce joli message qui (je résume) me dit: "va bosser chez mcdo et tu sauras ce que c'est de travailler pour de vrai". J'avoue ça m'interpelle: je ne savais pas que je travaillais pour de faux. Première nouvelle. Le choc est rude, déjà que je travaille plus pour gagner moins, en prime c'est pour faire semblant... Il m'a fallu un peu de temps pour digérer cette news choc. Soit (gloups, les boules quand même!).

A la base je voulais revenir à un article plus dans les tons de ce blog mais finalement, et je m'en excuse, l'actualité me rattrape et c'est plus fort que moi faut que je réagisse. Car si Mr Brosetta s'exprime dans le Parisien, moi j'ai envie de m'exprimer dans mon blog: vive la liberté d'expression! Alors ouvre grand tes oreilles cher critique littéraire parce que je crois que tu vas encore plus m'aimer après ça :) (pour toi public!)

Quand on se permets de me dire que je ne connais pas la valeur du vrai travail je m'interroge: et toi connais tu la valeur d'un travail en heures décalées, de nuits blanches et de week-end et jours fériés travaillés? Peut être que oui, mais dans le doute je me pose la question.

Sais-tu qu'on ne mets pas un pied dans un secteur comme l'aérien juste parce qu'on a vu la lumière? Et ça vaut pour tous les corps de métier qui font qu'au final tu peux t'asseoir l'esprit plus ou moins tranquille à ton siège: bagagistes, rza, mécanicien, dispatcher, pilotes et pnc et j'en passe... Ça fait une belle plâtrée de gens qui ne connaissent pas la vraie valeur du travail selon tes dires.

Plus personnellement, tu te permets de me critiquer ok: que sait-tu vraiment de ma vie? T'ai-je déjà raconté qu'après 5 années d'études, 2 années de stages payés 300€ et aucune aide sociale (à l'époque je n'avais pas le droit au rmi trop jeune) j'ai décidé de tout reprendre à zéro et passer mon css pour être pnc? Que non, c'est vrai je n'ai jamais bossé au mcdo mais à la place je distribuais des journaux gratuits à la sortie du métro et que je faisais des traductions et du babysitting pour essayer de gagner un peu ma vie et payer ma formation? Alors, maintenant je dois m'excuser d'avoir choisi de m'en sortir en devenant hôtesse de l'air? Laisse moi réfléchir... Certainement pas!!

J'ai trimé pour en arriver là crois moi!

Et savais-tu aussi qu'en parallèle j'ai travaillé 6 ans sans me verser un centime parce que j'ai voulu monter une SARL et que j'ai bossé sur tous mes jours de repos et sur toutes mes vacances pour essayer de la faire marcher, que je ne partais jamais en vacances et que j'y ai laissé un peu de ma santé?

Enfin, savais tu que ce métier qui m'a apporté tant de joies mais qui m'a demandé aussi tellement de sacrifices a fini par avoir ma peau parce que j'y ai laissé des plumes après un accident du travail? Qu'aujourd'hui je ne peux plus exercer ce métier certes, mais je reste fière de ces hommes et de ces femmes qui se lèvent chaque jour pour l'exercer à ma place et je m'emploie chaque jour à les aider du mieux que je peux d'un bureau?

Je vais répondre pour toi: non, non, non et non! Maintenant tu sais :p

Je condamne fermement les violences commises à l'égard de notre DRH: ce n'est pas comme ça que nous résoudrons nos problèmes ni même que nous donnons l'image d'Air France telle qu'elle est réellement. Ca m'attriste et me mets en colère de voir comment ces images ont fait le tour du monde: d'un coup tout le monde sait parler de nous!

Mais je vois dans ces gestes d'une extrême violences le désespoir et ce que cela peut te faire faire... Et je réalise qu'encore ce matin on parle de cette chemise arrachée mais on passe à la trappe le plan social, les 5000 postes déjà supprimés, les 2900 à venir, la peur de mes collègues qui chaque jour donnent le meilleur d'eux mêmes mais ne savent pas de quoi est fait demain, et comment et de quelle manière ils vont réussir à faire vivre leur famille décemment? Les journalistes continuent encore et toujours à privilégier l'angle de la rupture sociale mais n'ont pas encore compris que cette rupture ne vient pas des salariés mais bien de leur direction.

Ne me méprenez pas: je ne suis pas une anarchiste qui dit "à bas la direction et le pouvoir des pdg!" Non. Il faut de grands hommes pour mener de grandes entreprises et on ne doit pas avoir honte de bien gagner sa vie quand on est à la tête de telles responsabilités. Comme je l'ai dit lors de mon précédent article ce que je critique moi c'est un mauvais management, une direction qui a fait les mauvais choix et qui donne le mauvais exemple. Et qui trinque dans l'histoire? Je vous laisse deviner...

Je continue donc à garder la tête haute car je n'ai pas honte d'avoir été pnc et de faire partie de cette corporation; je n'ai pas honte d'avoir voulu m'en sortir et gagner ma vie décemment. Et je n'ai pas honte de dire que les choses partent vraiment en sucette par ici ces temps ci.

A bon entendeur...:

Ode à toi qui aime la critique!

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Et vous, vous souvenez-vous de ce que vous faisiez le 11/09/01?

Publié le par Olivia Beltrani

Et vous, vous souvenez-vous de ce que vous faisiez le 11/09/01?

Parce qu'il y a des dates comme ça qu'on ne peut pas oublier, les images tournant en boucles encore et encore ma tête. Inimaginables. Plus on les regarde, moins on comprends, comme si notre cerveau ne peut pas, n'est pas capable d'emmagasiner ce qu'il voit.

Je crois que chacun d'entre nous se souvient de ce qu'il faisait ce jour là, non?

En tout cas moi je revois tout, le lieu, le contexte, absolument tout.

J'avais à peine 20 ans... et ce jour là j'ai compris que le monde dans lequel je vivais ne serait plus jamais pareil.

20 ans et une certaine insouciance? Ce 11 septembre j'étais avec une de mes amies de la fac chez elle, nous étions en train d'écouter la radio tout en papotant. On a cru à un canular, de mauvais goût certes, mais vraiment pas à plus que ça. Puis on s'est arrêtées de parler, et on a décidé de vite partir dans notre café habituel pour se changer les idées... bof on comprenait pas trop... le temps d'entrer dans le café on a levé les yeux vers la tv, car tous les yeux des clients étaient braqués dessus, dans un silence de morts, et on a assisté en direct à l'effondrement de la deuxième tour.

Le monde s'est soudain arrêté de tourner et nous avec. Je ne sais plus pendant combien d'heures on est restées là, tous abasourdis... on a réussi à rentrer, uniquement pour continuer à regarder les infos inlassablement jusque tard dans la nuit, tout comme les jours qui ont suivi.

J'étais étudiante, je venais d'avoir mon DEUG, je devais préparer une licence aux USA, à la Ball State University, dans l'Indiana, et pas très loin de Chicago. Et puis à la dernière minute j'avais décidé de rester en France préparer une maîtrise de communication... autant dire que j'ai bien fait cette année là de rester vivre à Lille.

J'ai mis 3 longues journées pour avoir ma mère au bout du fil... les lignes étaient saturées, et à l'époque (pas si lointaine pourtant!) elle habitait encore à Rome, à 2000km de là, et nous nous appelions sur la ligne fixe. Impossible... j'ai fini par l'avoir au téléphone mais d'une cabine téléphonique (oui, ça ne me rajeunit toujours pas ce détail!), et nous étions soulagées et incrédules et je lui ai dit que j'avais peur de ce qui nous attendait...

Ma cousine venait juste d'être prise chez Air France comme PNC... drôle de coïncidence, sa lettre date du 11/09. Elle a de suite compris ce jour là qu'elle ne rentrerait pas de sitôt chez AF... elle a du attendre 2 ans de plus. Bizarre aussi de la voir partir en vol, j'avoue que j'étais inquiète... en même temps je ne pensais pas qu'un jour je me retrouverais à sa place dans un avion à cette époque!

Et puis nous avons raccompagné un cousin lointain, vivant à Boston, qui était de passage en France par chez nous... il est collectionneur d'objet de la Seconde Guerre Mondiale, un passionné du Débarquement, et venait souvent visiter la France et surtout la Normandie. Il voulait rentrer coûte que coûte, n'ayant en prime aucune nouvelle de sa famille avec tout ce chaos.

A l'aéroport ce jour là, j'ai cru me retrouver dans un film: des affiches de Ben Laden partout, estampillées "wanted, dead or alive" (j'en avais gardé une mais je ne sais plus où elle est), des américains à perte de vue dans des aéroports bondés comme jamais... et des élans de solidarité sans précédents: les personnes qui devaient rentrer en priorité sur le territoire américain qui se voyaient donner des places par des touristes, d'autres américains qui étaient d'accord pour échanger leur vol, sans conditions, sans litiges, spontanément. Rare de nos jours...

Toutes ces images, toutes ces scènes, je ne les oublieraient jamais. Elles sont ancrées dans ma mémoire à vie. Notre monde a été façonné différemment depuis ce jour là, l'horreur a pris une nouvelle dimension encore plus sordide. Nous en payons le prix encore aujourd'hui...

Le temps permets certes d'apaiser les peines, ces tours que je n'ai jamais vu en vrai (mais son trou béant oui), ont laissé place à une tour encore plus haute, encore plus imposante.

Pour moi c'est un manière assez élégante de leur dire "fuck you". Pour d'autres, pas! Moi je pense qu'on ne doit pas finir de se lever et de se mettre debout contre ceux qui veulent porter atteinte chaque jour à nos libertés et à la Vie.

11/09/2001. Never. Ever. Forget.

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Chers passagers... le retour!

Publié le par Olivia Beltrani

Chers passagers... le retour!

Après avoir partagé avec vous la joie de connaître tout type de passager à bord, aujourd'hui j'avais surtout envie de vous faire découvrir quelques unes des perles que l'on peut entendre à bord... elles font souvent sourire (et heureusement!), parfois elles nous laissent pantois (...), parfois elles nous a font carrément halluciner ("are you talking to me?!"), dans tous les cas elles ne s'oublient pas!!!

- "Bonjour Madame, voici 2€; pourriez vous s'il vous plaît me prendre un ticket de métro? Non parce que déjà que vous partez en retard, la moindre des choses serait de me faciliter le trajet". Je n'ai toujours pas trouvé la réponse pour celle là...

- "Excusez moi, mais faudrait dire au capitaine de rouler moins vite, y a trop de turbulences dans l'avion là" Je cours, je fonce, que dis-je je vooooole lui dire!

- "Bonjour Madame, puis-je vous servir quelque chose à boire?" "Avez vous du jus de papaye?" "Non je suis désolée, je peux vous proposer du jus d'orange, de pomme ou de tomates" "Du jus d'ananas peut être?" "Non plus" "Alors peut être du jus de mangue?" "Non Madame, comme je viens de vous le dire nous n'avons que ces 3 sortes de jus: orange, pomme, tomates" "Ah ok... et vos oranges, vous les pressez vous mêmes?" (soupir de patience) "Non Madame, ce sont des jus en bouteille" "Ah ok.... bon dans ce cas je prends juste de l'eau... quelle est la marque de votre eau?" AAAAHHHHHHH!!

- Et dans sa version "repas": "Souhaitez vous plutôt du poisson ou de la viande?" "Auriez-vous plutôt un steak haché?" "Je suis désolée Monsieur, nous ne pouvons vous proposer que les repas que vous voyez sur le menu" "Dans ce cas je prendrais la viande, à point svp, mais avec d'autres légumes; qu'avez vous d'autre à me proposer?" Re AAHHHHHH!!

- Le fameux, le mythique: "Nan mais de toute façon hôtesse de l'air, c'est être serveuse dans un avion non?" Bah oui, bien sûr, rappelle le moi le jour où je vais devoir t'évacuer dans un avion en 90s!

- Sans oublier bien sûr: "oh bah vous avez l'air fatiguée vous!" Ah bon?? Vraiment ça je ne comprends pas... il est 4h du mat, on est en plein Océan Atlantique, je viens de servir plus de 200 repas, et ça doit faire facile 24h que je n'ai pas dormi... non vraiment, suis vexée, je ne comprends pas!!!!!! (et puis franchement, quel intérêt de me faire ce genre de remarque?! :p)

- Le mignon "Excusez moi Mlle, je viens de voir le commandant de bord passer je suis inquiète... qui pilote l'avion??" L'envie te prends de lui répondre "QUOI?! Vraiment?? Oh bah on est mal alors..." Mais non ça ne se fait pas.... :p

- Les beurks: "Pourriez vous changer la couche de mon bébé?" ou "j'ai la gastro, vous auriez des vêtements de rechange?"

- Le classique, en arrivant d'un vol long courrier (et tant qu'à faire de plus de 10h!): "alors vous faites de suite le retour? Bon courage, ça doit être difficile" Bah tu m'étonnes... essaies toi pour voir....

- J'ai du aussi avoir droit à un "c'est dommage, avant les hôtesses de l'air étaient toutes grandes, belles et minces": c'est là que tu peux dégainer le "ARE YOU TALKING TO ME?" mais avec le sourire made in PNC bien sûr...!

- Un petit dernier pour la route.... "pourriez-vous ouvrir un peu la fenêtre? Il fait trop chaud!!"...

Je pourrais encore en rajouter des tonnes, mais pour la plupart il manque le contexte comme celui du gentil passager qui laisse son bagage dans l'allée, qui claque des doigts pour t'appeler (déjà ça commence mal), et qui, sans aucun mot, te fait un geste pour te signifier qu'il faut ranger son bagage... On va bien s'entendre toi et moi...!

Ou encore le gentil passager japonais, qui n'a jamais un mot plus haut que l'autre, et que tu ne sais pas pourquoi pète carrément un plomb d'un coup, se lève, te fait deux doigts d'honneur en hurlant "I f**k you with you with my Gold Card!!"

Oui, parfois les gens sont bizarres... parfois...!!!

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Oh la chance! Toi tu es tout le temps en vacances!

Publié le par Olivia Beltrani

Oh la chance! Toi tu es tout le temps en vacances!

En cette période estivale, période très très chargée pour mes chers collègues en densité de vols (bah voui, faut bien vous emmener en vacances les z'amis!), j'ai eu envie de vous parler de la vie en escale.

Je sais, d'emblée quand je parle "d'escales", vous pensez à ça:

Oh la chance! Toi tu es tout le temps en vacances!

Rhalala, bravo!! Ils sont beaux les préjugés!!! En gros nous voilà transformés en une bande de délurés, débauchés, alcoolisés, rois et reines des orgies et partouzes en tout genre!!

Je me dois de casser un peu votre fantasme et oui... pour ceux qui n'ont pas envie de connaître la vérité, je vous préviens, big spoiler!

Bon ok... on ne va pas se mentir: parfois en escale on s'amuse beaucoup, on sort, on fait la fête et on en profite pour décompresser, notamment si l'escale où l'on se trouve s'y prête, davantage si l'équipage est sympa et que pendant le vol déjà il y a eu une bonne entente (parce que soyons francs: se taper une soirée avec des cons, même à 8000km de chez toi, bah c'est pas drôle non non).

La réalité doit tout de même être un peu édulcorée: les escales sont aujourd'hui de plus en plus courtes (24h pour les vols standards sur longs courriers, plus pour des destinations souvent beaucoup moins glam que l'on pense, mais du coup qui nécessitent, hélas, moins de vols quotidiens: "hey salut! je reste 3j à Ouagadougou et toi? 24h à New York..." cherchez l'erreur...!!), la fatigue toujours présente, et les journées souvent longues (il se passe souvent une longue journée de plus de 12h de travail avant d'arriver à destination, voir beaucoup plus!). Bref, partir oui, mais pas forcément pour faire la fiesta à chaque fois :p

Selon ton escale d'arrivée, le programme est souvent réfléchi à l'avance: c'est qu'il faut rentabiliser le temps sur place! Il y a les escales shopping (US, Chine, Asie...), les escales touristiques (Amérique du Sud, Asie, Inde, US...), les escales bien être (bon celles là faut pas rêver, ce sont les plus prisées: Ile Maurice, Bangkok, Antilles...), les escales "prévoit les dvd, livres et impôts parce que les journées vont être longues" (Afrique, et toutes les escales à risques en général), bref il y en a pour tous les goûts!

Les 3 musts d'une bonne escale: un bon lit, une salle de bain propre et un bon petit déj. On est même cap de savoir sur quelle literie on dormira et quel type de petit déj on aura rien qu'en lisant le planning du mois (ce qui vous montre à quel point c'est primordial pour tout PNC qui se respecte!). Je suis d'ailleurs devenue redoutable sur ces points là!

Il y a aussi des escales qui sont devenues au fil des années des destinations phares des "pot d'équipage": qui n'a jamais passé une soirée au Brésil, en mangeant des empanadas et en sirotant des Caïpis n'a jamais vraiment vécu une soirée "pot d'équipage" qui se respecte! La tradition veut que l'équipage arrivé la veille avant toi prépare l'apéro et l'offre et ainsi de suite. C'est effectivement très sympa :)

Personnellement, je me suis toujours fait un point d'honneur de profiter un maximum de la chance qui m'était donnée d'avoir un travail qui me permettait d'être à l'autre bout du monde à la fin de ma journée, et non à la sortie d'une usine; à partir de ce constat, qui semble a priori très simple, mais qui a dû être oublié par quelques uns, il faut savoir en profiter! Il y a des choses à visiter dans les environs? On chausse ses converses, lunettes et appareil photo et c'est parti! La piscine et la mer sont à côté? Hop en maillot! Qui est partant pour une excursion pour voir des lémuriens? Bah moi! Ne serait-ce que sortir manger dehors pour s'imprégner de la ville quand c'était possible, voilà une règle à laquelle je n'ai jamais dérogé! Sauf les fois où j'étais malade ou que pour X ou Y raisons je ne pouvais pas (comme par exemple les fois où vous êtes confinées dans votre hôtel pour des raisons de sécurité).

La vie en escale c'est aussi la chance de connaître les plus beaux hôtels, de toucher du bout des doigts un luxe que l'on se paierait certainement pas autrement! J'ai toujours savouré cette chance, aussi parce que j'ai connu les kyriad et les campanile avant d'arriver chez AF! Avoir un menu avec le choix des coussins, ou des salles de bains avec écrans plats et bains à remous, des literies à vouloir faire le saut de l'ange à chacune de vos arrivées: c'est une chance! Il faut savoir la savourer pleinement! Après il faut aussi être conscient que le 5 étoiles à Singapour n'est pas exactement le même que le 5 étoiles à Bamako :p mais bon être PNC c'est aussi avoir l'esprit un peu roots non? Accepter de dormir dans une chambre qui donne sur la brousse africaine (quel spectacle!), même si l'eau a une couleur jaunasse, que la moquette est douteuse et qu'un gros molosse est posté devant votre porte pour assurer votre sécurité.

J'ai toujours rigolé, j'avoue, en voyant mes collègues (et pas que féminines!) arriver en Afrique avec 10 boîtes de thon et de rillettes dans leur valise, qui dorment dans un sac de couchage et qui refusent de se laver si ce n'est avec leurs lingettes estampillées CE. Mouais... bon, après chacun son truc :p

La vie en escale ça peut être aussi très solitaire: parfois, nous ne voyons nos collègues qu'au petit déj, parfois on est trop fatigués pour sortir manger alors on commande en room service (le pied!), ou alors chacun vaque à ses occupations ou à ses envies du moment... du coup on se surprends à re-découvrir des têtes au moment du départ! Et puis le décalage horaire peut parfois vous jouer de sacrés tours: être réveillée à 3h du mat à Hong Kong ou Tokyo, les yeux grands ouverts sur la baie vitrée qui donne sur l'immensité de la ville, et vous voilà en plein remake de "Lost in Translation"! C'est une vie de dingue, il faut le dire!

La vie en escale est aussi une parenthèse où l'on se lâche plus c'est vrai! Soyons honnêtes: vous êtes loin de tout et tous, personne ne vous connaît, alors il y a un vrai lâcher prise, vous pouvez être celui ou celle que vous n'êtes pas dans la vie de tous les jours! Après chacun ses limites, chacun ses obligations... je n'ai jamais été la PNC qui se mets debout sur la table à danser pour les collègues (désolée de vous décevoir :p), mais j'ai aussi passé de superbes soirées, avec des gens extras, j'ai eu des fous rires à n'en plus finir, j'ai aussi bu et mangé et je me suis éclatée! Mais jamais été dans la déchéance, certainement parce que ce n'est pas moi, et que ce n'était pas le cas de mes collègues! Du coup je ne garde que de supers souvenirs! Et rien que pour ça, oui, je suis d'accord, la vie est escale c'est top!

Etre en escale, ce n'est pas être en vacances (le vol retour est toujours plus difficile que le vol aller, il faut penser aussi à se reposer pour rentrer!), mais c'est une parenthèse, parfois enchantée, parfois apaisante, parfois électrisante, dans une vie à plus de 100 à l'heure! Un incontournable de cette vie de navigant!

Sur ce, je vous souhaite à vous tous, navigants ou pas, un bel été que vous soyez chez vous, loin, au boulot ou à la maison: profitez!! Et à très bientôt :)

Oh la chance! Toi tu es tout le temps en vacances!

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Y a-t-il un médecin dans l'avion?!

Publié le par Olivia Beltrani

Y a-t-il un médecin dans l'avion?!

Parmi les multiples tâches qu'incombent aux supers PNC que nous sommes, celle de venir au secours des passagers en détresse est l'une des plus importantes!

Nous voilà transformés en Dr Ross, Dr Mamour, j'en passe et des meilleurs, à nous les "je veux un bilan nfs, chimie, iono!" "plateau d'intubation!" "mais où diable est passé l'interne?!" "bipez Sheperd!!".. bon ok, ok, je m'égare. Désolée, c'est la fan inconditionnelle de séries tv médicales qui parle, je me suis laissée emporter par le sujet... revenons donc à nos moutons!

Etre PNC donc, veut aussi dire avoir une formation assez poussée en secourisme. Comme nous l'avait expliqué mon formateur lors de mon CSS (je ne vous explique plus les sigles, vous êtes des pros maintenant!!), elle est un mix d'une formation de secouriste, d'une première année d'école d'infirmière, le tout mélangé à quelques notions de médecine plutôt poussées. Moi j'y rajoute aussi une pincée de cours de sage femme parce que bon, j'apprends pas tous les jours à accoucher une femme dans l'urgence à l'arrière d'un avion :p

Ce ne sont donc pas des notions qu'on apprend à la légère et c'est surtout une partie importante du métier de PNC parce qu'on a sur tous les vols de la bobologie, et sur certains vols des cas plus sérieux, et sur de rares rotations des cas graves, voir mortels. Faut donc savoir où on mets les pieds!

Pour ma part, c'est sans doute l'aspect du métier qui me faisait le plus peur: serais-je à la hauteur? Saurais-je gérer sans paniquer? Saurais-je pratiquer les gestes d'urgence? J'avais vraiment la trouille de ne pas savoir quoi faire et d'avoir peur de mal faire et puis bon avouons le: de paniquer à la vue du sang, de quelque chose de pas glop, d'un type raide dans le couloir.... parce qu'on a beau être fan d'"Urgences" et de "Grey's Anatomy", on est loin, très loin de la réalité :p (mouais, c'est nul!).

Et puis il faut aussi une petite particularité dans l'apprentissage et surtout dans la pratique de notre métier de secouriste-pnc: tout se passe dans un avion, à 10.000m d'altitude. Et ouais, et ça bah ça change la donne de beaucoup beaucoup de choses!!

Exemple: tu te casses une jambe lors d'une turbulence violente? Pas de panique! Je vais te faire une super attelle avec des magazines "Air France Magazine"! Tu t'évanouis sur ton siège? No problem! Viens je t'évacue même si tu pèses 130kg, je t'extrais de ton siège et je te glisse jusqu'au galley hop hop hop! Quand jvous dis qu'on est des warriors....

Lors de notre formation initiale on apprends énormément de choses: d'une part la théorie avec une multitude de soucis de santé, de symptomatologie, de conduites à tenir... ça va du simple rhume, au malaise vagal, à la brûlure, en passant par l'hémorragie, l'appendicite, les fractures et les crises cardiaques. Sans oublier les accouchements, vous l'aurez compris! Tout, je dis TOUT ce qui peut arriver à une personne lambda.

Et puis évidemment place à la pratique: les gestes qui sauvent (Heimlich, utiliser un défibrillateur, ballonner un individu, PLS etc etc etc), et les gestes qu'on aura un peu moins l'habitude de connaître: immobiliser, faire des attelles (vous l'aurez compris, le truc avec les magazines ça m'éclate, ça fait très Mac Gyver!!!), stopper des hémorragies, piquer (mais uniquement sur ordre d'un médecin), accoucher. Sauver des vies quoi! Ca le fait non?!

Bien sûr, les statistiques disent qu'il y a toujours un médecin ou une personne travaillant dans le médical dans un avion (voilà pourquoi on fait toujours une annonce avant de commencer les festivités), mais si les statistiques se trompent, on fait quoi? On attends? "Mr désolé mais nous n'avons personne à bord pour votre crise cardiaque, il va falloir respirer doucement et attendre que nous atterrissons. Puis-je vous offrir un petit verre d'eau en attendant?"

Et puis cela nous permet en prime de pouvoir assister les professionnels au besoin, ou être autorisés à pratiquer des gestes sous ordre d'un médecin (ou du SAMU si contact radio).

Pour ma part, je suis heureuse de pouvoir dire que je n'ai eu aucun décès à bord. Ouf!! Mais certains collègues n'ont pas eu cette chance. J'ai eu certains cas sérieux, mais rien de très grave (j'ai sorti une fois le défibrillateur mais heureusement je n'ai pas eu à l'utiliser), j'ai eu pleins de petits bobos, pleins de problèmes de santé bénins et j'ai failli avoir un accouchement à bord (ma hantise!! j'ai pas encore eu d'enfants, alors aller voir de l'autre côté comment ça se passe... comment vous dire... dois-je vous faire un dessin?!), heureusement pour moi, elle a accouché pile dans l'ambulance en arrivant à Roissy!! J'ai aussi du aider à perfuser quelqu'un (moi et ma phobie de l'aiguille étions ravis), et nous avons dérouté une fois pour une personne qui a fait une crise d'appendicite aiguë. Ah, et une crise d'épilepsie une fois, ou en tout cas, y ressemblait, on a jamais été trop sûrs... bref pas un vol ou presque ne se passe sans quelqu'un qui vient ne serait-ce que nous demander du paracétamol! Ou qui a la nausée... parfois une oreille attentive et une écoute sont aussi un bon remède ;)

Et c'est là dans le feu de l'action que Dr House se lève de son siège passager, et vient vous aider "ne cherchez pas, ce monsieur souffre d'une tumeur de lobe temporal gauche c'est pour ça qu'il est tombé dans les pommes et qu'il bave, bistouri nous allons opérer sur place!!". Ok, ok, je sors.............

Y a-t-il un médecin dans l'avion?!

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"Le ciel est toujours bleu au dessus des nuages"

Publié le par Olivia Beltrani

"Le ciel est toujours bleu au dessus des nuages"

Et c'est tellement vrai!

Quand on est à 10.000m d'altitude, il peut pleuvoir et faire gris, mais là haut tout est clair, bleu et blanc. Il se dégage toujours une sérénité, une limpidité à travers le hublot qui est indescriptible: on se surprend à regarder ces nuages, leurs formes, la clarté du ciel, ces tons de bleus qui changent au fil des heures pour se transformer dans des rouges éclatants.

Et puis on regarde en bas et on découvre la Terre d'un autre point de vue, ses formes, ses couleurs, ses paysages qui se déclinent à l'infini, et c'est magique. Et toujours aussi apaisant!

En tout cas, moi c'est toujours ça que je ressens quand je suis là haut: je me sens apaisée. Je me sens en phase, j'ai l'impression d'être au bon endroit, au bon moment... étrange, non?

Je ne me lasse pas de décoller, de sentir ce petit truc au fond de mon ventre, cette excitation qui monte en même temps que nous nous envolons... l'Homme a su défier les lois de la nature, et j'en reviens pas de pouvoir vivre ça! Même avec plus de 2000h de vol au compteur, c'est toujours cette sensation qui me transporte...

La chance lorsque l'on exerce ce métier, est de pouvoir à un moment donné se retrouver au meilleur de tous les endroits de l'avion: le cockpit. Rien ne vaut de s'asseoir même 5 petites minutes au poste, et de contempler. Il s'y dégage un calme et une sérénité que je n'ai jamais retrouvé ailleurs (ok, j'ai jamais tenté les temples bouddhistes, je vous redirais ça quand ce sera fait!!), et le spectacle est toujours époustouflant, on ne s'en lasse jamais. Comment pourrait-on?! On vole à travers les nuages et on les transperce, on aperçoit le ciel à 180°, on découvre des aurores boréales, on voit vraiment, réellement, l'avion tourner, se pencher, avancer. C'est magique! Et puis on ferme les yeux et on oublie tout: le bruit, la fatigue, le manque de sommeil et les passagers qui vont nous sauter dessus dès notre retour en cabine :p même les problèmes personnels sont loin derrière nous.... on est là et maintenant, on vole et c'est carrément le pied!

J'ai toujours su que j'aimais voler, je le sais encore plus aujourd'hui.

J'ai l'impression de pouvoir tout voir, de pouvoir tout vivre, que l'avion me permet de m'envoler toujours vers un rêve ou une autre vie et de goûter à une liberté qu'on oublie souvent d'avoir dans la routine de nos vies actuelles. Je ne sais pas si c'est dans les gènes? Est ce que c'est à cause d'un papa pilote, d'une famille où les hommes ont tous été dans l'armée de l'air, d'une cousine hôtesse? L'avion est dans notre famille, mais est ce vraiment à cause de ça que j'aime autant voler? Franchement, je ne sais pas.

Pourquoi avoir choisi ce métier quand je n'arrivais pas à trouver du travail dans la comm? J'aurais pu trouver tout autre chose, et pourtant c'est à ça que j'ai pensé de suite! J'ai pas spécialement envie de trouver une réponse à cette question, mais c'est vrai que j'y ai souvent pensé! Et j'aurais tellement aimé que mon père puisse me voir à mon tour en uniforme! Cela nous aurait sans doute fait drôle à tous les deux, il m'aurait sorti quelque chose du genre "tant que c'est pour être hôtesse, une femme ça ne pilote pas un avion!". Non, il n'était pas macho, juste italien et certain qu'un femme pilote de chasse ce n'est pas concevable (pfffff)!!! Pourtant suis aussi sûre que si j'avais osé lui avouer que je pensais sérieusement à passer mon brevet de pilote il m'aurait soutenu à fond... et ça aurait été l'enfer car il aurait voulu m'apprendre à sa façon!!!!

Bref, tout ça pour vous dire qu'il n'y a rien de mieux que de voler et que de se poser quand on est tout là haut! Pensez y la prochaine fois que vous serez dans un avion, en tant que pnc ou passager: prenez 5 minutes pour vous installer confortablement, fermez les yeux ou regardez par le hublot et laissez vous bercer par le petit bruit de fond des moteurs (bon si vous êtes sur A380 laissez vous bercer par le silence!!), et faites le vide. Ou laissez vous transporter par vos rêves, par ce que vous verrez dans les nuages et leurs formes, laissez vous guider par vos sens et vos sentiments... et sans vous en rendre compte, vous vous sentirez apaisé. Et Libre. En route vers de nouvelles aventures...

Oui, on est fin bien là haut.... parce qu'il fait toujours beau au dessus des nuages :)

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Faire du ciel le plus bel endroit de la terre!

Publié le par Olivia Beltrani

Faire du ciel le plus bel endroit de la terre!

Voilà la phrase qui m'est sans doute venue à l'esprit ce 21 avril 2008, jour de mon premier jour de stage d'intégration chez Air France! J'étais sur mon petit nuage ce matin là :)

Dans chaque compagnie aérienne, il est obligatoire d'effectuer un stage avant de pouvoir commencer à voler: chez AF il dure 3 semaines pour la première année, puis vous continuez par 2 semaines la deuxième année et 1 semaine la troisième année; on considère à partir de ce moment là que vous êtes "titulaire".

Ca peut paraître long, mais il se passe énormément de choses pendant ce mois de stage et en prime on s'en sort pas trop mal quand on pense que quelques années en arrière ces 6 semaines étaient faites en une seule fois!

Me voilà donc en route pour cette première semaine de stage, à Orly! Ayant été affectée sur "Europe" ( = moyen courrier), c'est ici que je commencerais à revoir des tonnes de notions théoriques, que j'aurais des cours de secourisme, extinction de feux, simulations de vol (avec des dépressurations cabine, des turbulences, des atterrissages d'urgence et des évacuations à la pelle...), et même une simulation d'amerrissage, dans une "fausse" piscine (il s'agit d'une machine qui vous secoue de partout comme si vous étiez perdue en plein océan) qui nous aura valu de sacré fous rires!! On se rend compte de suite que les moyens mis à disposition pour la formation des navigants est sans commune mesure avec celles des autres compagnies françaises... encore une preuve si nous en avions besoin que nous sommes bien chez Air France!

Ma promo est composée aussi de pas mal d'amis, certains de chez Airlinair, d'autres rencontrés pendant mon CSS ou des sélections... et oui, être navigants veut aussi dire faire partie d'un petit monde à part, et il faut dire qu'avoir passé ce stage ensemble a été vraiment une super expérience!

Nous découvrons aussi des cours très intéressants: le CRM ou formation aux facteurs humains, qui nous permettra aussi chaque année de voir de quel manière l'humain entre de manière incontournable dans la vie d'un avion, et de son vol et malheureusement très fréquemment dans les accidents aériens. Il s'agit aussi de débriefer sur certains accidents, ce qui n'est toujours pas évident mais par contre essentiel pour comprendre et éviter de répéter les mêmes erreurs.

Et bien évidemment je ne peux pas ne pas évoquer notre formation avec le gentil monsieur sécurité, ex GIGN, qui nous apprend à coincer, menotter et ligoter les méchants. Sacré expérience...réitérée celle là aussi chaque année pour notre "maintien de compétences". J'ai d'ailleurs appris ce jour là pas mal de bases de défense utiles chaque jour... saviez vous par exemple qu'il n'y pas de place pour un oeil ET un doigt dans l'orbite?! Je vous laisse imaginer le truc bien gore... moi je ne m'en suis toujours pas remise!!

A la fin de cette première semaine: c'est l'heure des examens!! Toute la semaine, à savoir 5 pauvres petits jours, nous avons dû reviser comme des fous jusqu'à pas d'heure (en général rentrée vers 18h à la maison pour réviser jusque 23h-minuit!) pour réussir nos exams et donc être aptes pour la suite! Bah oui on n'est pas là que pour rigoler.... mais heureusement pour nous, nous réussissons tous haut la main!!

En route donc pour la semaine 2 et 3, à Roissy cette fois: welcome à l'Ecole du Service en Vol by Air France. Et ouais, rien que ça!! En même temps la classe à la française, ça ne s'invente pas...! Pendant ces 2 semaines nous devons venir chaque jour en uniforme et tirés à quatre épingles (cf mon post sur l'uniforme!!): notions commerciales, service en vol, connaissances sur les cultures et les us et coutumes, de communication (entre collègues ou passagers), mises en situations... absolument tout est passé en revue!! Nous avons également droit à un cours avec la marque Clarins qui nous apprend à nous maquiller correctement (et en prime on repart avec pleins de chouettes échantillons de produits).

Ces deux semaines nous semblent longues: nous on a envie de voler!!! Et pourtant la boule au ventre commence à se faire sentir au fur et à mesure que les jours s'écoulent...

Et puis le 16 mai arrive enfin: ce jour, nous signons notre CDI. La main un peu tremblante, on est tous le sourire figé aux lèvres dans un grande salle de réunion et on a du mal à croire que ce contrat tant attendu est bien là sous nos yeux!

Avant notre premier vol, et notre "mise en ligne", il nous reste notre QT avion: la qualification machine. Il faut savoir qu'un PNC a le droit de se qualifier sur 3 familles d'avions, porté à 5 si l'avion a des variantes (exple: si vous êtes qualifiés sur Airbus A320, vous êtes aussi qualifiés sur A318, A319 et A321). Sur moyen courrier il s'agit dont d'une qualification sur A320. J'ai adoré volé sur cette machine! Pour être qualifié, vous passez des tests écrits bien sûr, mais surtout vous devez passer avec succès: le saut au toboggan, ouverture et fermetures des portes, l'ouverture des issues de secours, exctinction de feux et mise en situation dans une cabine enfumée où vous devez passez une cagoule puis faire une annonce à l'interphone avec. Une journée encore bien riche et remplie! Et tous les ans, vous recommencez, sous peine de perdre votre qualif. Cela vous permet d'être considéré comme PNC compétent, et de porter l'insigne "security" qui veut dire que vous êtes aptes à travailler sur la machine. Une visualisation avion est aussi nécessaire avant d'être considéré comme qualifié! SI vous n'êtes pas compétent (ce qui arrive plus fréquemment sur long courrier: certains ont la qualif A340, d'autres B777....) dans ce cas vous ne pouvez qu'avoir des actions commerciales...!

Pendant toute la durée de notre mise en ligne, et surtout de notre période d'essai (6 mois!), nous sommes considérés comme des "bleus" et c'est même marqué sur notre liste équipage (parfait pour les bizutages quoi....!!).... nous tous ce qu'on a envie de connaître pour le moment c'est: quel sera la destination de notre premier vol????

Alors, à votre avis??

Faire du ciel le plus bel endroit de la terre!
Faire du ciel le plus bel endroit de la terre!

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Ah!! Un trou d'air!!

Publié le par Olivia Beltrani

Ah!! Un trou d'air!!

Qu'est ce que j'ai pu entendre cette phrase!! Encore aujourd'hui d'ailleurs.... et bien, déjà sachez que non, les trous d'air n'existent pas! C'est une expression, l'impression de "tomber dans un trou" mais en réalité il s'agit de turbulences, plus ou moins violentes certes, mais de turbulences météo!

Face aux nombreuses questions reçues, aujourd'hui j'ai donc envie de vous écrire un article un peu plus technique, en espérant que cela vous permettra de comprendre et surtout d'appréhender un peu moins cet aspect désagréable mais tellement habituel lors d'un vol!

En effet lorsque l'on devient PNC ou PNT, nous suivons des cours théoriques sur l'avion, et sur tous les aspects techniques et météorologique autour de celui-ci: je pense que cela aide à démystifier toutes les sensations que l'on peut ressentir une fois à bord. Après tout, nous avons toujours peur de l'inconnu, alors quand on sait pourquoi telle ou telle chose se produit, la peur nous lâche!

Très succintement, une turbulence est un changement d'air autour de l'avion. Ni plus ni moins. Après les sensations et le type de turbulence changent selon qu'elles aient lieu en ciel clair, autour d'un orage, en cas de changement de température, turbulences dites "de sillage" etc... Cela donnera lieu à des secousses plus ou moins violentes, à des chutes (mais jamais de centaines de mètres comme on a l'impression lorsque cela se produit). Sachez que les ailes d'un avion ne cassent PAS, cela n'est jamais arrivé pendant des turbulences. Et contrairement aux "on dit", aucun avion n'est jamais tombé à cause de turbulences, cela est beaucoup plus complexe et en général lié à la gestion humaine, à d'autres causes moteur ou panne etc...

Par contre je tiens à vous le rappeler: elles peuvent vous, nous, blesser, et non ce n'est pas juste pour vous dire de rester assis, ceinture attachées: des turbulences violentes peuvent faire de gros dégâts sur VOUS et être de ce fait très dangereuses. Et même parmi les PNC... des os cassés (côtes contre des accoudoirs, sacrum, voire même des traumatismes crâniens...), des lésions internes.... lorsqu'on vous donne ce genre de consigne, ce n'est pas à la légère!

Alors parfois c'est vrai on annonce des turbulences et finalement on ne ressent pas grand chose: ma foi, vaut mieux prévenir que guérir non?

Il m'est arrivé d'être soulevée comme si j'étais en apensanteur, de me retrouver sur les genoux d'un passager (qui semblait très, très content..!!), voir même d'avoir une otite barotraumatique! J'ai vu des collègues être malades, j'ai passé un vol assise la tête verte comme Shrek, je me suis même retrouvée coincée dans les toilettes à ne pas savoir en sortir tellement ça bougeait! Mais voilà il ne faut pas en avoir peur, même si je vous l'accorde parfois certaines turbulences sont très très impressionnantes!

"PNC, ici le poste de pilotage, turbulences sévères": à quelques mots près selon les compagnies, ceci est l'annonce pour nous indiquer que ça va secouer vraiment fort et que là on doit trouver asap de quoi nous sécuriser et sécuriser notre matériel (lorsqu'on est en plein service par exemple). Dites vous bien que là, va falloir avoir certainement l'estomac accroché (et prier pour que le poulet ne reparte pas par là où il est entré....). Pas le moment d'aller aux toilettes, compris?! Parfois j'ai l'impression que non alors désolée si je me répète... :p

Sachez enfin que les pilotes sont entraînés pour ce genre d'évènement, ils voient arriver les turbulences et à 90% du temps ils sont capables de les éviter!

Le mot de la fin sera donc très clair et précis: fasten your seat belts!!!!!

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