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Les accidents, ça n'arrive pas qu'aux autres...!

Publié le par Votre ancienne PNC préférée!

Les accidents, ça n'arrive pas qu'aux autres...!

Voilà un long moment que je n'ai pas pris le temps de venir poster par ici... 

Aujourd'hui j'ai décidé de m'accorder ce temps, parce que je continue de recevoir de gentils messages de votre part chers lecteurs, et il y a une question qui revient régulièrement: mais pourquoi tu n'es plus PNC?

Il est temps je pense de vous expliquer le pourquoi du comment, j'espère que cela rendra mes collègues PN encore plus attentifs à leur environnement de travail et que cela ouvrira les yeux aux autres car non, les accidents n'arrivent (malheureusement) pas qu'aux autres.

C'est aussi un épisode de ma vie personnelle/professionnelle qui n'est pas facile, même si le temps fait bien les choses, mettre tout ça par écrit m'oblige à me replonger dans une période de ma vie que je souhaite surtout oublier!! Mais il parait qu'écrire est une thérapie alors ajoutons cela au long parcours de "guérison"...

... par où commencer?

Une date: le 27 novembre 2007. Jamais je n'oublierais ce jour, le "début" d'une longue descente aux enfers, alors qu'à la base j'avais appris la veille au soir que j'étais prise chez Air France!! 

J'étais encore chez Airlinair, sur le vol Montpellier-Lyon (ça aussi, on n'oublie pas), seule, vol plein. Météo au top! En même temps la météo ne rentre en rien de mon histoire (je vous fait mariner c'est tout :p)

Me voilà donc au galley arrière, sur le point de préparer mon service. Je sors donc le trolley de son emplacement... et ce que je ne vois pas c'est qu'une des roues avant s'est dérobée au moment où je le soulève pour le sortir de son emplacement (les PNC, vous reconnaissez le geste?)... je continue donc de sortir le trolley sans me rendre compte de rien, et une fois sortie je lâche la poignée pour mettre le frein et là... s'est arrivé en moins de 2s même pas... le trolley perds l'équilibre et l'angle vient taper de tout son poids (environ 50/60kg, il était plein en plus) sur le dessus de mon pied droit! Voilà l'accident tout bête, tout con, qui dure 2s et qui va changer ma vie. Ca ne tient pas à grand chose! Quand j'y pense j'enrage encore... comment ne pas voir qu'une roue est partie? Pourquoi mon pied était là dessous? Et surtout, pourquoi par la suite personne n'a été fichu de s'occuper de moi correctement?

J'ai fait l'aller/retour comme ça ce jour, j'avais super mal mais je pensais surtout que j'allais me retrouver avec un beau bleu... pour couronner le tout, je me retrouve le soir à l'hôtel à Montpellier avec une valise bloquée parce que les bagagistes s'étaient amusés à tourner la fermeture de celle-ci et à changer le code au pif... la bonne blague!! Me voilà à la réception de l'hôtel à forcer la serrure à 22h.. je les aurais tués!

Et puis à 4h du matin je me suis réveillée avec une douleur lancinante, j'ai compris que quelque chose n'allait vraiment pas: mon pied était gonflé, d'une couleur incertaine entre le bleu, le noir et le violet. Je pars en vol comme ça quand même alors que je ne peux pas poser le pied à terre... mais arrivés à Lyon je dis au commandant de bord que je vais finir par m'évanouir s'il continue à me faire voler sans appeler les renforts. De retour sur Montpellier il me conduit aux urgences, et là aussi le début de mes déboires commence: lecture de la radio à l'envers (....), le lisfranc? C'est cassé? On plâtre? On fait quoi? Bah rien. On mets un strapping et on fait rentrer la jeune fille chez elle parce que c'est flou cette histoire on comprends pas bien... et moi je ne dis rien, je ne suis pas médecin, vous voulez que je fasse quoi?!

Je passe 15j en béquilles, je m'inquiète un peu, en janvier je dois partir à New York avec ma maman! On enlève le strapping et c'est vraiment pas beau ce que je vois!! Mais pour les médecins ce n'est rien, c'est le fait d'avoir été enfermé dans un pansement 15j... ok...

Je pars en vacances, dur dur de marcher des kilomètres dans la grande pomme mais je ne cherche pas, je me dis que c'est normal!

Et puis la vie reprends son cours... je rentre chez Air France, enfin!!! Je commence à avoir des douleurs au genou, le droit, bizarre... après plusieurs examens, il s'avère que le ménisque est fissuré, et la gaine des tendons complètement enflée, à cause du choc de mon AT de novembre. Ok...

Le temps passe encore un peu, j'ai toujours un peu mal mais je me dis que ça mets du temps à guérir un pied... et puis me voilà sur un vol retour long courrier, je descends au poste repos, je suis très fatiguée et ce pied me lance de plus en plus va comprendre... 

Et au réveil, il a tout simplement doublé, peut être même triplé de volume!!! Que faire? Je n'arrive même pas à mettre mes chaussures d'uniforme, c'est la panique à bord... 

De retour à Paris, en plein mois d'août, j'entends de tout: une tumeur? une fracture de fatigue? une embolie? moi qui déteste les médecins et les piqûres je suis servie... je passe des heures aux urgences, dans les hôpitaux, personne ne sait, personne ne comprends... on pose un diagnostic là comme ça: algoneurodystrophie. Kesako??? Ah le choc suite à mon accident du travail... ok... mais comment on soigne ça? Et c'est parti, piqûres dans le ventre, traitements divers et variés, je suis une loque, je pleure de douleur et rien ne marche. Alors certains me disent: "Mlle, c'est dans votre tête, prenez des anti dépresseurs ça ira mieux". Comment ça?? J'ai un accident, un meuble qui me tombe sur le pied, mais c'est dans ma tête? Cette douleur qui ne part pas, ce pied enflé qui ne passe même pas dans une basket, c'est dans ma tête? Je suis au bord du désespoir...

Quant aux vols n'en parlons même pas... je me retrouve en arrêt sans cesse, en mi temps thérapeutique, harcelée par ma hiérarchie qui pense que je me la coule douce pendant mes arrêts répétés... j'en arrive à mentir pendant mes reprises d'activités au médecin du travail (et oui) parce que je veux, je dois travailler, car ma santé mentale en dépends, parce que j'ai peur de ne plus pouvoir voler, parce que de tout façon je ne sais pas ce qui cloche et qu'en prime financièrement c'est la galère de ne pas travailler.

2 longues années se passent comme ça. 2 ans. C'est long 2 ans, croyez moi. Cette douleur devient une obsession et pour le coup oui, les prémisses d'une déprime se font bels et bien sentir.

Et puis je guette une lueur d'espoir... un médecin qui veut m'opérer...!!! J'y crois, c'est lui mon sauveur!!!

Je pars pour mon dernier vol le sourire aux lèvres, en me disant que je reviendrais dans quelques mois en pleine forme et que là enfin je pourrais travailler comme tout le monde!!

Si seulement....

L'opération est un échec total, on se trompe sur la procédure chirurgicale, je me retrouve au bloc 2 fois, je chope une infection nosocomiale grave, me voilà hospitalisée, boîtante, les douleurs sont encore pire, on me dit que je ne remarcherais plus jamais comme avant. C'est bon là je touche le fond. 1 an et demi d'arrêt entre hôpitaux, opérations, traitements, et beaucoup, beaucoup de larmes. Pourquoi moi? Pourquoi j'en suis arrivée là? 

Je refuse d'entendre les médecins qui me disent: fini le métier d'hôtesse de l'air! Ils vous jettent ça à la figure comme "on n'a plus de baguette désolée mais on a du pain coupé!". C'est facile de dire ça... mais moi je vais faire quoi de ma vie?

Voilà comment un accident qui paraît anodin fout en l'air votre carrière... voilà comment en 2s la vie de quelqu'un bascule! 

Je ne suis plus une être humain avec une personnalité, mais un bout de chair qu'on ausculte, qu'on soulève, on charcute, on referme et on recommence. On comprends pas comment on en est arrivé là... bah ça tombe bien moi non plus!!! D'un coup d'un seul je me retrouve avec des séquelles à vie, des douleurs encore plus fortes qu'avant, et une déprime absolue. 

Et puis.... quand on touche le fond on ne peut que remonter n'est ce pas?

Que cette remontée a été longue!! Mais on s'accroche et on commence par faire le deuil: de son métier, de celle qu'on était et qu'on ne sera plus. Oui, je parle de "deuil" et je pèse mes mots. Le cheminement est exactement le même: le déni, la colère, l'acceptation, je suis passée par tout ça et je n'ai pas honte de le dire! 

J'ai repoussé les limites, j'ai lâché mes béquilles, j'ai commence à remarcher, d'abord mal et lentement, puis avec de plus en plus d'assurance et faisant taire la douleur. Elle est là, toujours, persistante et présente comme mon ombre, mais je refuse de l'écouter. J'ai accepté que je ne pourrais plus jamais être PNC et j'ai fait ma demande de perte de licence: la démarche la plus dure, parce que ce n'est pas MA décision mais bien celle du destin...

J'ai repris mes études, j'ai réappris à vivre, à retrouver le sourire et à aimer la vie. 

J'ai rangé mes uniformes, j'en ai gardé un en souvenir et j'ai ouvert ce blog... j'ai suivi une thérapie aussi, une vraie avec un psy lol avant d'en arriver là. Et j'ai reçu beaucoup, beaucoup d'amour: de la part de ma famille et de mes amis, de gens que je ne connaissais que virtuellement, de collègues. J'ai appris à puiser des ressources insoupçonnées au fond de moi, et j'ai pansé mes blessures. Accepter son handicap, ses limites, sans pour autant arrêter de vivre, bien au contraire!

La vie n'est pas un long fleuve tranquille c'est sûr! Mais jamais je n'aurais cru qu'un "accident du travail" ferait autant de dégâts et me ferais souffrir autant!

Je me suis demandée si j'aurais pu reprendre les vols comme avant mon opération? Impossible vu les douleurs, mais après j'avais tellement fait longtemps avec... sauf que ce métier vous demande tellement de vous, qu'en tout logique c'est impossible!! Que les médecins n'auraient jamais accepté, et qu'on ne peut pas faire ce travail "à moitié!".

Quand je prends l'avion comme simple passager, j'ai mal. Je souffre du début à la fin... voler n'est plus un plaisir, sauf pour la destination où il m'emmène... j'ai pleuré la première fois que j'ai repris les vols, et que j'ai vu mes collègues qui n'étaient plus mes collègues... de la colère et de la tristesse de me retrouver de l'autre côté du miroir... aujourd'hui j'arrive à en apprécier le sens, je suis là et je voyage! Mais quel chemin pour arriver à se dire ça... ça paraît rien comme ça.

Se reconstruire prends du temps, et j'ai fini par faire le deuil quand je me suis retrouvée à travailler pour les pnc en inaptitude... des histoires de vie différents, des accidents variés mais un point commun: devoir réapprendre une nouvelle vie, un nouveau métier et se sentir perdu et se demander si on s'en sortira? J'ai pu aider et accompagner mes collègues et ça été la meilleure des thérapies.

La page ne s'est pas encore complètement tournée, et peut etre qu'elle ne se tournera jamais complètement, mais aujourd'hui je veux croire que mes faiblesses et mes douleurs d'hier sont ma force de demain! Que les choses n'arrivent jamais par hasard et que tout cela a un sens, même si parfois cela m'échappe.

Je veux terminer ce long récit (désolée pour le pavé et encore je fais court) et disant à tous les PN: faites attention à vous, votre santé fait votre métier, et cela peut arriver à tout le monde, sans prévenir. Prenez soin de vous, prenez soin de votre corps et de votre esprit et volez en ayant toujours dans un coin de votre tête que ça peut s'arrêter du jour au lendemain! Et savourez quand vous êtes là haut dans ciel, la chance que vous avez de vous envoler chaque jour vers de nouveaux horizons. 

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Mes 10 coups de coeur en Europe!

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Mes 10 coups de coeur en Europe!

Pas facile de faire une top list!! Je suis une amoureuse des pays, des gens, de la culture, de notre Terre!!! Peu d'endroits ne me font pas vibrer, sourire, m'émerveiller! 

Mais la phrase qui revient souvent quand je dis que j'étais PNC est: "alors, quel est l'endroit que vous avez préféré?" Comment répondre?! Pour moi le choix est difficile... alors, commençons par notre vieille Europe, pas besoin d'aller bien loin pour se sentir dépaysé, pour découvrir des trésors et surtout prendre le temps de se perdre...! 

Ce qui est chouette quand on part à 2h de chez soi, c'est qu'on peut se permettre de partir une semaine ou un week-end, 48h loin du quotidien suffisent à recharger les batteries!

Mon top 10 est en fonction des villes et pays que je connais, mais il m'en reste encore beaucoup à découvrir en Europe et je ne compte pas m'arrêter en si bon chemin :p

1. Rome... ok je ne suis pas très objective, en bonne romaine que je suis!!! Mais ma ville de coeur reste pour moi une des plus belles villes du monde.... ceci dit, l'Italie cache des trésors un peu partout: je vous conseille la côte amalfitaine, Naples, la Sicile et la Sardaigne aussi, mais surtout Pantelleria, et puis Florence, la Toscane... la Ombrie.... et le nord de l'Italie avec ses lacs ou Venise! L'Italie, on ne peut décemment pas s'en passer :p

2. Plus qu'une ville je dirais encore un pays: l'Espagne! J'ai la chance d'avoir visité pas mal de villes: Madrid, Barcelone, Séville, Malaga et même la petite Gibraltar... l'Espagne est un pays chaleureux, accueillant, souriant! Les gens sont cools, la vie y semble paisible, et bien sûr festive!! Historiquement, c'est un pays riche et pleins de surprises, avec ses influences tantôt berbères, tantôt gothiques... où que vous alliez en Espagne, vous n'aurez qu'une envie: y retourner!

3. Londres! Bah oui, comment ne pas aimer Londres? Ma première visite date de mes... 14 ans! La claque! Depuis, chaque visite dans cette ville est magique, Londres ne se décrit pas, elle se vit! Il y a toujours quelque chose de nouveau à faire, à découvrir, c'est une ville qui vit à 100 à l'heure, et qui vous entraîne dans son tourbillon à peine mis le pied à terre!

4. Edimbourgh: je garde une lointain souvenir de cette ville fascinante, visitée bien bien avant d'être PNC... et pourtant tout est encore très clair et j'espère pouvoir y retourner un jour! Il y a quelque chose de magique dans l'air, une atmosphère qu'on ne rencontre pas partout... un je ne sais quoi de mystique presque! Je vous conseille vivement de faire un détour par l'Ecosse, on ne le regrette jamais :)

5. Lisbonne: ah oui, le Portugal fait partie de mes favoris! C'est peut être mon côté méditerranéen, vous aurez remarqué que je suis fan des pays du Sud (mais pas que!!), quand je vais à Lisbonne j'ai l'impression d'être un peu au bout de l'Europe, au bout du bout du bout... ce qui est le cas vous me direz! Une ville colorée, à l'image de ses habitants, riche de son histoire! Il y a peu j'ai aussi découvert Porto, un vrai coup de coeur pour ce petit bijou inscrit au Patrimoine Mondial de l'Unesco! Je vous invite vivement à y passer un week-end, dépaysement assuré!

6. Budapest: la première ville de l'est de l'Europe que j'ai visité en tant que PNC! Je ne sais pas si c'est ça ou la ville en elle même, mais je suis très attachée à cette ville! Se retrouver sur le pont entre Buda et Pest, visiter le château, aller aux thermes (très locales je vous préviens!!), manger un goulash... on se croirait revenu au temps des tsars et des rois ;)

7. Copenhague: si vous êtes fan de Disney et que vous voulez aller voir la petite Sirène, c'est l'endroit idéal! Moi qui suis d'une nature frileuse et qui aime la chaleur, je ne peux pas le nier, grâce à mes escales sur moyen courrier j'ai appris à aimer les villes du nord de l'Europe! Me retrouver au coucher du soleil à midi à Oslo (très déroutant j'avoue!), visiter le musée du prix nobel à Stockholm... je me suis promise de retourner visiter comme il se doit ces pays qui m'ont donné un aperçu enchanteur de leurs villes!

8. Athènes: non, non, ce n'est pas parce que je suis romaine que je me sens en concurrence avec mes cousins grecs! Bien sûr je place Rome au dessus de tout :p mais Athènes et les vestiges du Parthénon vous donnent exactement ce même sentiment que lorsque vous êtes devant le Colisée: on sent petit et peu de choses. Je suis fascinée par les vieilles pierres que voulez vous... en même temps j'ai grandi avec :p

9. Berlin: grande surprise pour moi qui avait quelques réticences et n'était pas spécialement fan de l'Allemagne! Et bien cette ville, bien que reconstruite, garde en elle une telle trace du passé qu'on se doit de la visiter au moins une fois dans sa vie. Et puis c'est une ville cosmopolite, où il se passe énormément de choses et dans laquelle on ne peut pas s'ennuyer! A découvrir vite!

10. Amsterdam: pittoresque, vivante, entraînante! Voilà à quoi se résume pour moi cette jolie ville! 

Et en faisant ce top 10 j'en oublie pleins: Moscou et sa place Rouge, Saint Petersbourg, Istanbul, digne des contes des 1001 nuits, Varsovie, Bruxelles, et bien sûr... Paris!! 

Une liste non exhaustive, mais peut-on vraiment finir par faire le tour de tout ce qu'il y a à découvrir sur notre belle Planète?

Pour ma part, il me reste encore tant à découvrir non loin d'ici.. Prague, Dublin, retourner en Europe du Nord, la Grèce, la Croatie, Vienne! Je ne m'en lasse pas, j'en veux encore et encore!!

Et vous? ;)

Mes 10 coups de coeur en Europe!

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Une petite envie?

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Une petite envie?

Il faut croire que l'avion inspire mon envie d'écriture... Retour Bangkok, je suis pour la énième fois dans les toilettes (non ce n'est pas ce que vous pensez!!) et je me rappelle soudain de toutes ces choses et ces gens étranges qu'il m'est arrivé de croiser dans les toilettes de ces avions... Oui, il se passe des choses insoupçonnées, coincés à 10.000m dans des wc plus étroits que votre chambre d'étudiant.

Quelques perles qui me reviennent comme ça:

- ceux qui font pipi debout sur la cuvette et qui vous repeignent les toilettes (faut quand même être sportif)

- les classiques fumeurs qui craquent au bout de 2h de vol et qui pris en flag vous disent "c'est pas ce que vous croyez!"

- celle qui reste coincée sur la cuvette (aspiration du jour, bonjour! Si vous voyez ce que je veux dire!)

- ceux qui aimeraient faire partie du "high mile" club (encore des sportifs, décidément)

- les contorsionnistes (aussi connus sous le nom de "ceux qui mettent leurs mains là où ils ne devraient pas et qui ensuite ne savent plus l'enlever")

- les casseurs, qui vous défoncent une porte de toilette, pourtant ce n'est pas si compliqué à ouvrir et à fermer, si?

- les irréductibles du "je me lève toutes les 2h, je dérange la moitié de ma rangée mais je fais juste 2 gouttes on ne sait jamais"

- ceux qui restent 15mn et qui vous disent, au moment où vous allez frapper à la porte pour être sure qu'ils sont toujours vivant "j'avais juste besoin de calme et de détente"

- sans oublier les malades (mais je vous passe les détails, suis sympa :p)

Je n'ai pas connu celle qui accouche (ouf!), mais j'ai connu celle qui vous demande de vaporiser du spray floral 5mn avant qu'elle y aille, celle qui cherche désespérément le pommeau de douche (merci Emirates), celui et celle qui volent les produits sous votre nez ("ah, c'est pas cadeau les 300ml de produits Clarins?"), ou encore celui qui baisse le hublot qui se trouve dans les wc (bon ok j'avoue que ce hublot a un côté perturbant pour moi aussi, pourtant je vous assure que là haut personne ne peut vous voir!).

Bon sur ce super article ultra intéressant, j'y retourne (11h de vol les amis,11h!! ;) )

Une petite envie?

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Pensées d'une nuit...

Publié le par Votre ancienne PNC préférée!

Je vous écris de cet avion, ce 777 que j'ai si bien connu!

Me voilà à 10.000m d'altitude, il fait nuit et comme chaque nuit passée dans ces carlingues qui m'ont emmené aux quatre coins du monde, je ne dors pas.

Bien sûr je suis de l'autre côté du miroir cette fois, simple passagère et j'observe depuis des heures ceux qui je ne peux m'empêcher d'appeler collègues: travailler, faire leurs gardes, discuter... L'impression si étrange de ne plus faire partie de ce monde et pourtant de ne pouvoir jamais vraiment m'en dissocier.

Je connais les moindres recoins de cet avion: le cockpit, les galleys, les postes repos... Son odeur m'est familière, je marche en terrain connu, sa lumière me donne cet aspect blafard que j'ai eu pendant des années! Je sais que la nuit va être blanche, et pourtant ici ça me paraît presque normal et du coup je ne me formalise pas.

Et puis je me retrouve par hasard à échanger quelques mots avec le stew de garde au galley avant et je suis presque à deux doigts de prendre une armoire pour m'asseoir comme si de rien n'était!

Ah ces galleys... Le haut lieu de nuits sans fin, de discussions à bâtons rompus avec des gens qu'on ne reverra peut être jamais, cet endroit où on se retrouve à parler à un inconnu comme à un ami de longue date de nos vies, de nos peurs et de nos chagrins mais aussi de nos joies... Que de fous rires, tout est si intense ici! Comme si les frontières nous les avions laissées aux hommes en bas.

Cela fait un moment que je ne vole plus en tant que pnc: 3 ans officiellement, 4 depuis mon accident... Et pourtant toutes ces choses sont ancrées en moi à jamais, je réalise qu'une fois pnc on le reste à vie, comme une marque indélébile tatouée dans notre cœur et dans notre tête. Et d'un coup je sens le manque de ces petites choses, de ces petits riens qui rendaient cette vie un peu dingue plus douce, de ces échanges, de ces nuits oh combien fatigantes, de ces vols interminables! Oui, être pnc me manque et je pense que je dois aussi accepter ce manque pour aller de l'avant. Mais ce qui me rassure au fond de moi c'est que j'ai la certitude d'être à jamais une pnc, impossible de tourner la page comme ça!

On évolue, on change, mais ce qui nous a forgé reste indéfiniment ancré à ce que nous sommes... Et je suis extrêmement fière de faire partie de ces hommes et de ces femmes :)

Et si j'essayais de fermer un peu les yeux pour cette fois et me laisser transporter?

Pensées d'une nuit...

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Prochaine rotation: direction l'Afrique!

Publié le par Votre ancienne PNC préférée!

Prochaine rotation: direction l'Afrique!

Pour certains PNC ça va être un désastre!!! Comment échanger un vol Afrique sur son planning viiiiite!!!!

Pour d'autres, comme moi, c'est toujours un plaisir!

L'Afrique, on aime ou on n'aime pas, y a pas de juste milieu c'est clair... moi j'aime les paysages, les gens, la vie frénétique, la chaleur, la nourriture, bref je suis une Afrique addict!

Et puis il y a ceux qui sont au bord du désespoir quand ils découvrent qu'ils vont partir à Cotonou, Lomé, N'Djamena, Brazzaville, Bamako... ok, bien sûr pas toutes escales sont funs, certaines sont carrément craignos, il suffit de suivre l'actualité pour le savoir... mais comment ne pas tomber amoureux de ce continent aux milles couleurs?!

Dans tous les cas il y les PNC super, hyper organisés!!! Alors eux ils partent avec tout le nécessaire de survie pendant les prochaines 48h: boîtes de conserve (surtout ne pas toucher la nourriture africaine au risque de choper une indigestion.. pas de bol, moi la seule indigestion que j'ai chopé sur un vol retour c'était après avoir mangé un crab cake à Boston... plus jamais!!), sac de couchage pour dormir dedans dans le lit... bah un peu comme ça:

Prochaine rotation: direction l'Afrique!

Sans oublier les lingettes spécial "rotation Afrique", les kinder pour se remonter le moral, les dvd pour passer le temps....

Au début ça m'inquiétait: mais où vais-je atterrir?! J'ai rien prévu, je ne sais pas à quoi m'attendre!! Alors parfois j'ai eu raison de m'inquiéter :p l'eau jaune qui sort du robinet, le petit gekko qui t'attends sagement dans ta douche, les coupures d'électricité ou plus sérieusement les évacuations urgentes de l'hôtel, les coups d'état, les rotations qui s'allongent parce que l'avion qui est censé nous ramener ne peux pas atterrir... oui, parfois on se demande quand et comment on va rentrer de ce pays qui est plus souvent à feu et à sang.

Ma pire phobie: les serpents!! Dieu merci, ils n'ont pas eu envie de me rendre visite pendant mes escales africaines!! :p

Et pourtant malgré tout ça, le charme opère: cette chaleur humaine, ces sourires et ces rires, cette manière d'être si différentes de nous "européens" et qui me fait toujours sourire! Y a rien à faire, en Afrique je souris! Je suis positive :)

Je vous rassure, je vous avait parlé des passagers parfois difficiles, et bien même en Afrique on a notre lot de passagers qui nous rendent fous!! Pas facile les vols parfois!!

A bord, ce ne sont pas de clients, ce sont des ROIS et des REINES. Et bah je peux vous dire que l'arrivée à Paris à 5h du matin vous avez l'impression d'avoir faire un A/R Santiago!!

J'ai eu la chance de découvrir des endroits magnifiques, aussi beaux que ce que l'on peut voir dans les livres ou à la tv, rien n'est exagéré: l'Afrique est le berceau de l'humanité et elle le porte en elle, sur elle. L'Afrique me manque parfois: ai-je le fameux mal de l'Afrique dont on parle tant? Qui sait!

Mon rêve c'est de pouvoir un jour approcher de près tous ces animaux que je vois parfois avec tristesse dans les zoos: je veux faire un safari, je veux être au cœur de cette Afrique qui m'a tant fait rêver enfant!

Prochaine rotation: direction l'Afrique!

Mais j'ai déjà pu découvrir des villes que je n'aurais certainement jamais vu si je n'avais pas été pn, et ça c'est précieux!

Alors si vous avez l'occasion d'aller un jour en Afrique, foncez! Prenez le meilleur, imbibez vous de cette vie, de tout ce que vous verrez!

Certains d'entre vous me diront que c'est facile de parler ainsi, que la misère et la pauvreté sont partout là bas, que les enfants meurent de faim, que la guerre est partout et oui, c'est vrai. Mais je ne suis pas là pour faire un appel humanitaire aujourd'hui (quoique faites le, allez faire un tour chez Aviations sans Frontières ou n'importe quelle association humanitaire, c'est super important!), mais pour vous dire que malgré tout ça, malgré toutes ces choses horribles et choquantes, l'Afrique vaut la peine d'être vécue!!

Prochaine rotation: direction l'Afrique!Prochaine rotation: direction l'Afrique!
Prochaine rotation: direction l'Afrique!Prochaine rotation: direction l'Afrique!

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Ma plus belle émotion de voyage est...

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Ma plus belle émotion de voyage est...

.... une très très bonne question!!

Pas facile d'y répondre, surtout lorsqu'on a eu la chance, comme moi de voir des lieux magiques, de rencontrer de gens provenant des quatre coins du monde et de vivre des expériences hors du commun!

Est-elle liée à un lieu? A une personne? A un moment précis d'un voyage plus personnel que professionnel?

Je pense que la meilleure solution pour y répondre est de fermer les yeux, inspirer et laisser venir la première image qui me vient à l'esprit....

Je l'ai!

Je ne suis certainement pas très originale mais la voilà: la toute, toute, toute première fois que j'ai mis les pieds à New York! C'était en janvier 2008, un cadeau pour les 60 ans de ma maman qui rêvait depuis toujours de découvrir The Big Apple et pour le coup une découverte pour moi aussi qui connaissait déjà les Etats Unis mais qui n'avait encore jamais été à NYC!

Ma plus belle émotion est donc dans cette ville magique, folle, virevoltante, enivrante, une ville dans laquelle je pourrais tout à fait vivre et me sentir comme chez moi...

Le jour où nous sommes arrivées nous étions aussi un peu émues l'une et l'autre sans vraiment oser se le dire: cette ville dont mon papa nous avait tant parlé, qu'il nous avait fait découvrir à travers ses yeux et ses récits car il y avait vécu plus de 7 ans, et qu'il rêvait de nous faire à notre tour découvrir un jour. Malheureusement, nous n'avons jamais eu cette chance, mais c'est certain y aller pour la première fois toutes les deux a été un moment fort... je pense que nous avions elle et moi la petite boule à la gorge mais aucunement envie de se l'avouer: on était là pour passer des vacances joyeuses!!

J'arrive donc à ce moment d'émotion: pas de tristesse, pas de larmes mais... un énorme fou rire!!! Un éclat dans les rues de Times Square, au moment où nous sommes descendues de la navette de l'aéroport, et que nous nous sommes retrouvées deux petites choses perdues dans cet immense carrefour fourmillant de monde en train de chercher la rue de notre hôtel! On s'est arrêtées là, en pleine rue, on s'est regardées... et sans même se parler on est parties dans un des meilleurs fous rires de ma vie! A ce moment là on s'est comprises, on étaient les meilleures complices du monde, ici à 8000km de chez nous, dans cette ville que nous avions tant attendu de découvrir elle et moi... et la joie et le rire nous ont envahi et c'était juste la meilleure sensation du monde! J'étais heureuse de pouvoir lui offrir ça, j'étais heureuse d'être pour la première fois ici avec elle et j'étais attendrie de voir ma baroudeuse de maman toute petite à côté des ces immenses buildings, les yeux écarquillés, un peu intimidée et perdue, elle qui avait surtout voyagé toute sa vie dans des pays à 1000 lieues du brouhaha américain!

Nous avons passé cette semaine ensemble à vivre le rêve américain de mon papa, à rire, à manger, à marcher, à mourir de froid puis de chaud, à faire du shopping, à voir un spectacle à Broadway, à se perdre, à rêvasser.... oui ma plus belle émotion de voyage c'était sans doute celle là, et je suis chanceuse d'avoir pu la vivre!

Ce souvenir n'enlève en rien tous les autres superbes moments que j'ai pu vivre seule ou accompagnée, et surtout tous ceux qui m'attendent... mais si je devais vraiment en choisir un aujourd'hui, c'est celui là :)

Ma plus belle émotion de voyage est...

J'ai besoin de vous!! Je participe à un concours pour essayer de gagner un voyage à Haïti, pour cela merci de voter pour mon article en cliquant directement sur ce lien: http://www.easyvoyage.com/easygame

MERCI!!!

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Aujourd'hui est le premier jour du reste de ma vie...

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Aujourd'hui est le premier jour du reste de ma vie...

Si on m'avait dit qu'un jour je serais hôtesse de l'air...

Si on m'avait dit qu'un jour je serais hôtesse de l'air chez Air France....

Si on m'avait dit que je voyagerais au quatre coins du monde, rencontrerais des gens venus d'horizons totalement différents, qu'au grè de ces rencontres se lierait des amitiés et que l'avion deviendrait un peu comme une deuxième maison...

Si un jour on m'avait dit qu'un trolley allait me tomber sur le pied et que ce serait la fin d'un temps où j'avais (presque) tout...

... Je n'y aurais jamais cru!

Et pourtant c'est bien comme ça que ces 10 dernières années se sont passées!

Avec le recul je ne regrette absolument rien même ces moments difficiles et douloureux liés à mon accident car ils m'ont rendue encore plus forte et m'ont montré que je suis capable de soulever des montagnes. Que la vie ne fait pas de cadeaux mais que rien n'arrive par hasard. Oui, je crois profondément au destin et aux signes qu'ils nous envoie. Même ces dernières années au "sol" frustrantes et fatigantes parfois m'ont montré de quoi je suis capable... Et m'ont donné les armes pour continuer à me battre. Ailleurs.

Quand j'étais encore pnc je rêvais de mon tout dernier vol, de la destination que je choisirai, des collègues à qui je demanderai de m'accompagner pour ce dernier tour de piste: j'aurai mis mon plus bel uniforme, fait mon chignon une dernière fois et de mon plus beau sourire accueilli une dernière fois tous ces passagers venus avec leurs tics et leurs tocs. Servi mon dernier plateau, fait une dernière annonce de ma voix la plus suave et atterri au poste de pilotage. Puis j'aurais désarmé et ouvert la porte une dernière fois, dit au revoir avec un petit trémolo dans la voix et descendu mon bagage via l'escalier de service avant d'arriver au bus. J'aurais enfin fait des bisous à tous et serait rentrée chez moi émue, mais sachant qu'une belle et longue carrière de navigante prenait fin pour me laisser profiter d'une retraite pleine d'aventure et de nouveaux voyages!

Je n'ai pas su de suite que mon dernier vol était le dernier: heureusement ce fut une escale mémorable, avec un équipage parfait, dans une ville absolument magique! Je suis donc ravie à défaut d'avoir pu choisir, de garder toute ma vie dans mon cœur ce dernier moment en tant que pnc!

"Je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon navire": voilà pourquoi aujourd'hui est mon dernier jour chez Air France. Presque 8 ans après, il est temps pour moi de prendre un nouvel envol et de sauter dans l'inconnu. Prendre des risques pour retrouver un plaisir perdu et pour me permettre de concrétiser de nouveaux projets. Je pars sereine, sûre de mon choix et sans aucun regrets car je sais que mon temps dans cette compagnie est révolu.

Cela ne m'empêche pas d'être nostalgique, d'avoir bien sûr un peu peur et puis je quitte une maison que je connais tellement bien et qui m'a vu grandir professionnellement... Comment ne pas être un peu triste et émue?

Merci à toutes les belles personnes qui ont croisé mon chemin, et aussi à celles qui ont voulu me mettre les bâtons dans les roues, vous avez fait de moi quelqu'un de meilleur ;) merci Air France de m'avoir fait croire en mes rêves et de m'avoir fait appartenir à une compagnie dont je porterais toute ma vie fièrement les couleurs.

Je ne sais pas encore de quoi demain est fait, mais je suis et resterai une "pnc Af" où que mon parcours me mène... Et continuerai à vous raconter les tribulations d'une ancienne hôtesse de l'air pendant encore longtemps.

Ce n'est qu'un au revoir...

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À toi qui verra peut être le jour...

Publié le par Olivia Beltrani

Cher futur moi (nous),

Mes premières pensées sont allées vers toi. Toi qui sera peut être un jour ou pas, toi qui devra vivre dans ce drôle de monde et cette triste époque. J'ai été soulagée que tu ne sois pas là en ce vendredi funeste, ni en janvier d'ailleurs. Est-ce mal? Je ne sais pas mais j'ai tellement mal, je suis tellement triste et sonnée, je manque cruellement de mots pour m'expliquer déjà tout ce qui vient de se passer que devoir te l'expliquer à toi me semblerait être encore plus difficile.

Comment pourrais-je d'ailleurs? Par quoi devrais-je commencer?

Je commencerais sans doute par te dire que le monde a toujours été un peu chaotique. Que les guerres ont toujours existé, que les méchants ont toujours tué par excès de pouvoir, de religion, de fanatisme, de terreur.

Que les hommes se sont depuis des siècles battus pour proclamer haut et fort leur liberté et les valeurs qui leur sont chères.

Je te raconterais surtout que tes arrières grands parents ont vécu sous des dictatures tellement horribles qu'ils ont décidé de se battre pour retrouver cette Liberté qui leur étaient chère pour justement permettre aux générations futures de vivre dans un monde où les hommes et les femmes vivraient comme bon leur semble sans distinction de couleur, religion ou appartenance d'aucune sorte. Ils ont vu et vécu des choses qui dépassent l'entendement et l'ont raconté à leurs enfants et petits enfants en espérant ainsi ne plus jamais vivre cela.

Ensuite je t'expliquerai que tes grands parents ont profité de cette liberté retrouvée tout en vivant les prémisses de ces changements obscurs: que ta grand mère de mon côté s'est retrouvée en pleine guerre des 6 jours en Israël, parce qu'elle était un brin hippie et se la coulait douce dans des kiboutz... Que ton grand père lui était un pilote de chasse, un vrai! Qu'il a fait la guerre et oui, mais toujours pour combattre les méchants rassures toi. Il a vu ses frères décapités par des fanatiques au Congo et s'en est sorti par miracle. Qu'il a été en Afghanistan et au Pakistan et qu'il a su à ce moment là, que quelque chose de bien plus grand et grave commençait à se préparer. Je suis sûre que toutes ses histoires t'auraient fasciné mais tu ne pourra jamais les entendre car il est parti bien avant de voir l'inimaginable... Et quelque part tant mieux...

Et puis il faudrait que je te relate tous ces événements: ces avions qui rentrent dans des tours à New York, des milliers d'innocents tués en Espagne, en Angleterre, des personnes qui fuient leur propre pays et bien sûr je serais obligée de t'expliquer ce qui se passe ici aujourd'hui.

Te dire quoi et comment? Que des fanatiques sectaires ont décidé d'interpréter à leur manière des versets du Coran et de voir le mal là où la religion devrait être que paix et amour. Que des milliers de gens à travers le monde et ici sont mortes pour des fausses idéologies, pour avoir trop aimé la vie, la liberté et les autres. Pourrais tu le comprendre? Car moi j'ai déjà beaucoup de mal. Il faudrait que je te dise qu'il y a des gens qui veulent te voir mort juste parce que tu vis dans le pays des droits de l'Homme alors que tu ne serais ici sur cette Terre uniquement parce que ton père et ta mère voulaient à un moment donné te voir arriver dans leurs vies.

Et puis il faudrait aussi que je te dises que nous ne pouvons laisser ses malades gagner. Qu'il est impensable de les laisser t'enlever ce qui fait que tu es un citoyen de ce monde: ta liberté, tes passions, tes valeurs humaines, tes amitiés et tes amours. Que pour cela il faut parfois passer des décisions difficiles: faire la guerre. Hélas on ne peut pas laisser les choses sombrer encore plus dans la terreur et le chaos. Et puis ta maman est fille de militaire souviens toi en ;) mais mon côté bisounours te dirait aussi que c'est pour que l'amour triomphe et que tu puisses vivre en paix.

Je te souhaiterais enfin de vivre pleinement cette vie qui s'ouvre à toi: ris, danse, bois, mange, tombe amoureux, aies pleins d'amis, entreprends, échoue, tombe et recommence.

Dans tous les cas c'est ce que moi, cher futur moi, je compte bien faire.

À toi qui verra peut être le jour...

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Ode à toi qui aime la critique!

Publié le par Olivia Beltrani

Très sincèrement je ne pensais pas qu'autant de monde lirait mon dernier article: plus de 5000 rien qu'en 48h!! C'est dire si l'actualité n'était pas brûlante... Comme je l'ai dit, c'était un cri du cœur, écrit entre un voyage en bus et en train (oui je vous vois venir: je ne prends pas l'avion au moindre déplacement!!), le besoin de dire tout haut ce que je pensais tout bas.

Et bien évidemment j'ai eu énormément de retours, la plupart touchants et positifs et certains bien acerbes et critiques. Normal, on ne peut pas plaire à tout le monde et ce n'est certainement pas ce que je cherche à tout prix. Parfois la critique est constructive en plus! Bon ok là je dois admettre que pour la plupart elle était... Étonnante!

Je reviens notamment sur ce joli message qui (je résume) me dit: "va bosser chez mcdo et tu sauras ce que c'est de travailler pour de vrai". J'avoue ça m'interpelle: je ne savais pas que je travaillais pour de faux. Première nouvelle. Le choc est rude, déjà que je travaille plus pour gagner moins, en prime c'est pour faire semblant... Il m'a fallu un peu de temps pour digérer cette news choc. Soit (gloups, les boules quand même!).

A la base je voulais revenir à un article plus dans les tons de ce blog mais finalement, et je m'en excuse, l'actualité me rattrape et c'est plus fort que moi faut que je réagisse. Car si Mr Brosetta s'exprime dans le Parisien, moi j'ai envie de m'exprimer dans mon blog: vive la liberté d'expression! Alors ouvre grand tes oreilles cher critique littéraire parce que je crois que tu vas encore plus m'aimer après ça :) (pour toi public!)

Quand on se permets de me dire que je ne connais pas la valeur du vrai travail je m'interroge: et toi connais tu la valeur d'un travail en heures décalées, de nuits blanches et de week-end et jours fériés travaillés? Peut être que oui, mais dans le doute je me pose la question.

Sais-tu qu'on ne mets pas un pied dans un secteur comme l'aérien juste parce qu'on a vu la lumière? Et ça vaut pour tous les corps de métier qui font qu'au final tu peux t'asseoir l'esprit plus ou moins tranquille à ton siège: bagagistes, rza, mécanicien, dispatcher, pilotes et pnc et j'en passe... Ça fait une belle plâtrée de gens qui ne connaissent pas la vraie valeur du travail selon tes dires.

Plus personnellement, tu te permets de me critiquer ok: que sait-tu vraiment de ma vie? T'ai-je déjà raconté qu'après 5 années d'études, 2 années de stages payés 300€ et aucune aide sociale (à l'époque je n'avais pas le droit au rmi trop jeune) j'ai décidé de tout reprendre à zéro et passer mon css pour être pnc? Que non, c'est vrai je n'ai jamais bossé au mcdo mais à la place je distribuais des journaux gratuits à la sortie du métro et que je faisais des traductions et du babysitting pour essayer de gagner un peu ma vie et payer ma formation? Alors, maintenant je dois m'excuser d'avoir choisi de m'en sortir en devenant hôtesse de l'air? Laisse moi réfléchir... Certainement pas!!

J'ai trimé pour en arriver là crois moi!

Et savais-tu aussi qu'en parallèle j'ai travaillé 6 ans sans me verser un centime parce que j'ai voulu monter une SARL et que j'ai bossé sur tous mes jours de repos et sur toutes mes vacances pour essayer de la faire marcher, que je ne partais jamais en vacances et que j'y ai laissé un peu de ma santé?

Enfin, savais tu que ce métier qui m'a apporté tant de joies mais qui m'a demandé aussi tellement de sacrifices a fini par avoir ma peau parce que j'y ai laissé des plumes après un accident du travail? Qu'aujourd'hui je ne peux plus exercer ce métier certes, mais je reste fière de ces hommes et de ces femmes qui se lèvent chaque jour pour l'exercer à ma place et je m'emploie chaque jour à les aider du mieux que je peux d'un bureau?

Je vais répondre pour toi: non, non, non et non! Maintenant tu sais :p

Je condamne fermement les violences commises à l'égard de notre DRH: ce n'est pas comme ça que nous résoudrons nos problèmes ni même que nous donnons l'image d'Air France telle qu'elle est réellement. Ca m'attriste et me mets en colère de voir comment ces images ont fait le tour du monde: d'un coup tout le monde sait parler de nous!

Mais je vois dans ces gestes d'une extrême violences le désespoir et ce que cela peut te faire faire... Et je réalise qu'encore ce matin on parle de cette chemise arrachée mais on passe à la trappe le plan social, les 5000 postes déjà supprimés, les 2900 à venir, la peur de mes collègues qui chaque jour donnent le meilleur d'eux mêmes mais ne savent pas de quoi est fait demain, et comment et de quelle manière ils vont réussir à faire vivre leur famille décemment? Les journalistes continuent encore et toujours à privilégier l'angle de la rupture sociale mais n'ont pas encore compris que cette rupture ne vient pas des salariés mais bien de leur direction.

Ne me méprenez pas: je ne suis pas une anarchiste qui dit "à bas la direction et le pouvoir des pdg!" Non. Il faut de grands hommes pour mener de grandes entreprises et on ne doit pas avoir honte de bien gagner sa vie quand on est à la tête de telles responsabilités. Comme je l'ai dit lors de mon précédent article ce que je critique moi c'est un mauvais management, une direction qui a fait les mauvais choix et qui donne le mauvais exemple. Et qui trinque dans l'histoire? Je vous laisse deviner...

Je continue donc à garder la tête haute car je n'ai pas honte d'avoir été pnc et de faire partie de cette corporation; je n'ai pas honte d'avoir voulu m'en sortir et gagner ma vie décemment. Et je n'ai pas honte de dire que les choses partent vraiment en sucette par ici ces temps ci.

A bon entendeur...:

Ode à toi qui aime la critique!

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Et vous, vous souvenez-vous de ce que vous faisiez le 11/09/01?

Publié le par Olivia Beltrani

Et vous, vous souvenez-vous de ce que vous faisiez le 11/09/01?

Parce qu'il y a des dates comme ça qu'on ne peut pas oublier, les images tournant en boucles encore et encore ma tête. Inimaginables. Plus on les regarde, moins on comprends, comme si notre cerveau ne peut pas, n'est pas capable d'emmagasiner ce qu'il voit.

Je crois que chacun d'entre nous se souvient de ce qu'il faisait ce jour là, non?

En tout cas moi je revois tout, le lieu, le contexte, absolument tout.

J'avais à peine 20 ans... et ce jour là j'ai compris que le monde dans lequel je vivais ne serait plus jamais pareil.

20 ans et une certaine insouciance? Ce 11 septembre j'étais avec une de mes amies de la fac chez elle, nous étions en train d'écouter la radio tout en papotant. On a cru à un canular, de mauvais goût certes, mais vraiment pas à plus que ça. Puis on s'est arrêtées de parler, et on a décidé de vite partir dans notre café habituel pour se changer les idées... bof on comprenait pas trop... le temps d'entrer dans le café on a levé les yeux vers la tv, car tous les yeux des clients étaient braqués dessus, dans un silence de morts, et on a assisté en direct à l'effondrement de la deuxième tour.

Le monde s'est soudain arrêté de tourner et nous avec. Je ne sais plus pendant combien d'heures on est restées là, tous abasourdis... on a réussi à rentrer, uniquement pour continuer à regarder les infos inlassablement jusque tard dans la nuit, tout comme les jours qui ont suivi.

J'étais étudiante, je venais d'avoir mon DEUG, je devais préparer une licence aux USA, à la Ball State University, dans l'Indiana, et pas très loin de Chicago. Et puis à la dernière minute j'avais décidé de rester en France préparer une maîtrise de communication... autant dire que j'ai bien fait cette année là de rester vivre à Lille.

J'ai mis 3 longues journées pour avoir ma mère au bout du fil... les lignes étaient saturées, et à l'époque (pas si lointaine pourtant!) elle habitait encore à Rome, à 2000km de là, et nous nous appelions sur la ligne fixe. Impossible... j'ai fini par l'avoir au téléphone mais d'une cabine téléphonique (oui, ça ne me rajeunit toujours pas ce détail!), et nous étions soulagées et incrédules et je lui ai dit que j'avais peur de ce qui nous attendait...

Ma cousine venait juste d'être prise chez Air France comme PNC... drôle de coïncidence, sa lettre date du 11/09. Elle a de suite compris ce jour là qu'elle ne rentrerait pas de sitôt chez AF... elle a du attendre 2 ans de plus. Bizarre aussi de la voir partir en vol, j'avoue que j'étais inquiète... en même temps je ne pensais pas qu'un jour je me retrouverais à sa place dans un avion à cette époque!

Et puis nous avons raccompagné un cousin lointain, vivant à Boston, qui était de passage en France par chez nous... il est collectionneur d'objet de la Seconde Guerre Mondiale, un passionné du Débarquement, et venait souvent visiter la France et surtout la Normandie. Il voulait rentrer coûte que coûte, n'ayant en prime aucune nouvelle de sa famille avec tout ce chaos.

A l'aéroport ce jour là, j'ai cru me retrouver dans un film: des affiches de Ben Laden partout, estampillées "wanted, dead or alive" (j'en avais gardé une mais je ne sais plus où elle est), des américains à perte de vue dans des aéroports bondés comme jamais... et des élans de solidarité sans précédents: les personnes qui devaient rentrer en priorité sur le territoire américain qui se voyaient donner des places par des touristes, d'autres américains qui étaient d'accord pour échanger leur vol, sans conditions, sans litiges, spontanément. Rare de nos jours...

Toutes ces images, toutes ces scènes, je ne les oublieraient jamais. Elles sont ancrées dans ma mémoire à vie. Notre monde a été façonné différemment depuis ce jour là, l'horreur a pris une nouvelle dimension encore plus sordide. Nous en payons le prix encore aujourd'hui...

Le temps permets certes d'apaiser les peines, ces tours que je n'ai jamais vu en vrai (mais son trou béant oui), ont laissé place à une tour encore plus haute, encore plus imposante.

Pour moi c'est un manière assez élégante de leur dire "fuck you". Pour d'autres, pas! Moi je pense qu'on ne doit pas finir de se lever et de se mettre debout contre ceux qui veulent porter atteinte chaque jour à nos libertés et à la Vie.

11/09/2001. Never. Ever. Forget.

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